02/27/2011

LA JEUNESSE ARRACHE SA LIBERTE

Le vent de liberté qui nous vient du sud est fascinant. Portés par leur jeunesse, les peuples arabes ont trouvé la force, le courage et la détermination nécessaire pour briser leurs chaînes et renverser les dictateurs en place depuis des décennies. Les philosophes des Lumières avaient raison : la liberté et la démocratie sont des valeurs universelles. Aucun relativisme culturel ne peut justifier que des peuples entiers en soient privées.

La Tunisie et l’Egypte sont déjà passés dans une nouvelle ère. Espérons que La Libye puisse les rejoindre bientôt car ce régime aux abois, devenu fou est en train de massacrer son peuple. La communauté internationale doit s’unir pour protéger un peuple qu’on assassine.

Au Yémen, à Bahrein ou encore en Algérie, les centaines de milliers de manifestants ont tout autant soif de liberté. Ce moment historique va se poursuivre et dépasser les frontières.

Gageons que la bravoure de la jeunesse iranienne sera un jour victorieuse, que les baillons des dictatures tomberont les uns après les autres, jusqu’en Iran, et pourquoi pas en Corée du Nord et en Chine.

Même si nous devons rester vigilants, nous ne devons pas avoir peur du jour d’après. Ces régimes ont brandi pendant des années la menace de l’islamisme pour faire peur à l’Occident. Ce que nous voyons aujourd’hui c’est une jeunesse qui n’aspire qu’à choisir enfin son destin, faire une révolution sans leader, sans bouc émissaire, sans haine.

Quel sacré coup de vieux a pris au passage notre vieille Europe. Elle qui considère sa jeunesse comme un éternel problème, pas assez expérimentée pour travailler, pas assez bien élevée pour être présentable, toujours à réclamer les droits et la considération que ses ainés lui refusent. Les révolutions actuelles rappellent à ceux qui l’ont oublié, qu’un pays ne vit que par et pour ses générations suivantes. Les maltraiter a toujours des conséquences.

A coté de cette effervescence, on ne peut que constater et regretter la faiblesse de la voix française. Le pays des Droits de l’Homme est au abonnés absents, faute d’une diplomatie en état de marche. Le problème ne se résume pas à la personnalité de la Ministre des Affaires étrangères, par ailleurs complètement décrédibilisée. Cela vient de plus haut, du Président et de ses conseillers qui font preuve d’un amateurisme et d’un manque totale de vision indigne de leur responsabilités. La tribune écrite par des diplomates en colère et publié dans Le Monde cette semaine nous l’a prouvé. Après les magistrats, les policiers, les enseignants, les personnels hospitaliers, c’est aujourd’hui notre diplomatie qui n’en peut plus. Nicolas Sarkozy réussi à mettre tous les services publics en crise. Au nom de quel France parle-t-il au reste du monde ?