10/25/2011

BUDGET 2012 : L’HEURE DU BILAN

La dernière loi de finance de la mandature Sarkozy clôture dix années de budgets votés par la droite. En dix ans la dette du pays a doublé (de 900 Md€ à 1 800 Md€), la croissance n’a jamais décollé, le chômage a explosé, le déficit extérieur a battu des records atteignant 75 Md€ en 2011 et le système fiscal est devenu, chaque année, plus injuste. En outre, loin de corriger les erreurs du passé, le gouvernement n’apporte pas de réponses concrètes à la crise. Le budget 2012 reste ainsi désespérément dans la lignée des précédents : injuste et inefficace.

Injuste car ce sont toujours aux plus riches que sont offerts les cadeaux fiscaux et à tous les autres que l’on demande de faire des efforts. La taxe sur les hauts revenus en est un bel exemple. Le gouvernement annonce bruyamment qu’il va faire payer, mais pour 2 ans seulement, 400 M€ aux plus fortunés, en oubliant qu’il a offert cet été aux mêmes personnes 2 Md€ avec la baisse de l’impôt sur la fortune. Par contre, les 30 taxes nouvelles crées par la majorité depuis 2007, doivent être payées par l’ensemble des Français chaque année !

Inefficace, car il est basé sur une erreur historique, celle de croire que la politique de rigueur permettra au pays de sortir de la crise. C’est l’absence de croissance qui entraîne la baisse des recettes de l’Etat, la hausse du chômage et l’augmentation des dépenses sociales. C’est l’incapacité du gouvernement à inverser cette tendance et à changer sa politique qui nous vaut d’être aujourd’hui sous la surveillance des agences de notation. Or la majorité qui nous gouverne prend le problème à l’envers avec une politique d’austérité qui continue à diminuer les dépenses utiles au pays et à matraquer le pouvoir d’achat des ménages avec de nouvelles taxes. Le budget 2012 va alimenter la crise au lieu de nous en sortir.

Dans la pratique, ce budget entérine donc la taxe sur les mutuelles qui pèsera sur les familles les plus modestes en les éloignant encore un peu plus de l’accès à la santé. La taxe « gadget » sur les sodas n’aura aucun impact sur la santé publique, mais permettra de récupérer 240 M€ de plus dans le porte monnaie des familles, tout en occupant le terrain médiatique. On parlera ainsi un peu moins de la baisse du budget du Travail, insensée en période de chômage de masse, ou encore de la suppression de 30 400 postes de fonctionnaires.  On passera aussi sous silence le matraquage des collectivités locales, alors qu’elles investissent massivement et soutiennent à bout de bras la croissance.

Nous allons proposer un autre budget à l’Assemblée Nationale, notamment la suppression de plus de 10 Md€ de niches fiscales inutiles, mais la majorité présidentielle va le repousser évidemment. Par contre, pour la première fois la majorité du Sénat votera nos propositions.

Taxer juste, dépenser mieux, soutenir la croissance et préparer l’avenir, voici le cap que nous voulons pour sortir notre pays de la crise. Il s’agit de mettre en oeuvre une grande réforme fiscale qui rendra nos impôts plus justes, plus progressifs et plus efficaces. Ce ne sera possible qu’avec François Hollande et le changement en juin 2012.