02/12/2007

L13 : INTERVENTION D’ANNICK LEPETIT AU CONSEIL DE PARIS

Annick Lepetit est intervenue en Conseil de Paris le 12 février 2007 pour défendre l’amélioration de la ligne 13.

Mme Annick LEPETIT. – Merci, Madame la Maire.

Ce matin nous avons entendu un certain nombre d’intervenants de l’opposition qui ne sont pas encore arrivés, mais je pense qu’ils ne vont pas tarder. Ils se demandaient si le Plan des déplacements de Paris n’arrivait pas trop tôt ou finalement trop tard. Pour ma part, je trouve qu’il arrive à point car cette semaine est une semaine importante pour les Parisiens et les Franciliens et une semaine essentielle pour les transports publics à Paris et en Ile-de-France.

Aujourd’hui, nous débattons en Conseil de Paris du P.D.P. et, en fin de semaine, le Conseil régional débattra sur le Contrat de projet 2007-2013 qui devra être signé par l’Etat et par la Région. Je me réjouis que dans ces deux documents qui nous engagent pour l’avenir, le dédoublement de la ligne 13 y soit inscrit. C’est une première étape, j’y reviendrai.

Nous sommes de plus en plus nombreux, citoyens, associations d’usagers, élus franciliens, à nous battre pour le dédoublement de la ligne 13. Je tiens à remercier particulièrement le Maire de Paris pour son soutien et son engagement volontaire. Le dédoublement de la ligne 13 nous paraît être la solution la plus efficace si nous voulons concrètement désengorger l’une des lignes les plus chargées du réseau. 555.000 voyageurs par jour, 20.000 voyageurs/heure aux heures de pointe, un taux de charge record de 116 %, soit plus de quatre personnes au mètre carré aux heures les plus chargées. Elle connaît l’une des plus fortes hausses de fréquentation avant même son prolongement jusqu’à Asnières-Gennevilliers Le Luth en 2008 qui amènera 23.000 voyageurs en plus par jour. Une augmentation de trafic est à prévoir en raison des grands projets urbains sur les territoires desservis par la ligne. Je pense, bien sûr, au magnifique projet « Cardinet-Batignolles », mais aussi à ceux de Saint-Ouen, à ceux de Saint-Denis, des zones à forte attractivité économique. C’est d’ailleurs déjà le cas quand on pense à la Z.A.C. « Victor Hugo », entre Clichy et Saint-Ouen, qui accueille de nombreuses entreprises dont les salariés, pour la plupart, viennent par les transports en commun. La semi-automatisation de cette ligne censée réduire l’intervalle entre les trains, baptisée non sans humour « Ouragan », est désormais prévue pour 2011 par la R.A.T.P. alors qu’elle la promet depuis 2005.

Cette situation pénalise des milliers de voyageurs franciliens, certains d’entre eux vivant plus loin encore. Il suffit de regarder les lieux de résidence des signataires des pétitions pour comprendre que des voyageurs habitent même hors de l’Ile-de-France. Cette ligne, je le rappelle, dessert deux gares, Montparnasse et Saint-Lazare, cette dernière gare étant l’une des plus importantes d’Europe.

Comme l’a souligné ce matin Denis BAUPIN, des mesures de renforcement de l’offre ont été récemment votées par le S.T.I.F. Certes, elles vont dans le bon sens, mais nous estimons que seule une transformation d’envergure peut garantir aux voyageurs, mais aussi aux agents de la R.A.T.P. un service public digne.

J’apprécie, vous vous en doutez bien, d’entendre ici sur la plupart des bancs la nécessité d’améliorer la ligne 13. Le vœu que j’ai présenté au Conseil d’arrondissement du 18e a été voté à l’unanimité, ce qui n’a pas été le cas au Conseil d’arrondissement du 17e puisque Mme de PANAFIEU et ses amis s’y sont opposés. C’est dommage et regrettable pour les habitants du 17e qui constatent que leur maire actuelle n’est ni favorable à la prolongation du tramway qu’elle condamne d’ailleurs sans appel, ni partisane du dédoublement de la ligne 13.

Si c’était le cas, elle nous aiderait à persuader l’Etat de mettre les financements nécessaires aux travaux de cette ligne. Mais qui se ressemble, s’assemble. Et sachez que depuis 2002, l’effort national en faveur des transports collectifs a baissé de 48 %.

Je préférerais, c’est vrai, le concours de tous les élus, quelle que soit leur sensibilité politique, pour se battre à nos côtés pour le dédoublement de la ligne 13 plutôt que d’entendre la présidente du groupe U.M.P. nous dire, comme elle l’a dit ce matin, qu’elle réclamait des bus et des métros circulant 7 jours sur 7, 24 heures sur 24.

Je ne suis pas pour les effets d’annonce parce qu’ils peuvent en plus se retourner facilement contre ceux qui les font dès lors qu’il n’y a pas de résultats.

Et, Madame la Maire, je conclurai pour dire que je regrette qu’à ce stade, pour le moment, la Région et les départements concernés, dont Paris, soient bien seuls à entendre notre juste combat pour le dédoublement de la ligne 13.

Merci.

(Applaudissements).