05/07/2010

GRENELLE II : PLUS CA AVANCE, PLUS ILS RECULENT…

L’illusion d’une droite ayant pris conscience de l’urgence écologique s’est donc dissipée. Le projet de loi Grenelle II, que nous étudions à l’Assemblée durant toute cette semaine, acte les reculs de la majorité sur la plupart des sujets.

Alors que le gouvernement s’était par exemple engagé à atteindre 23 % d’énergies renouvelables en 2020, il ne dit plus rien sur le développement des nouvelles filières telles que la biomasse ou le photovoltaïque. Par contre, il est désormais prêt à suivre des lobbies anti-éoliens dans leur démagogie. Ce type de renoncements est également visible sur des sujets aussi divers que la responsabilité sociale et environnementale des entreprises, l’agriculture biologique, les pesticides, les économies d’énergies ou encore  la défense de la biodiversité.On retrouve aussi dans ce texte deux des grandes tendances actuelles de la droite. D’une part, de nombreux articles tendent à recentraliser les décisions entre les mains de l’Etat, comme nous avions déjà pu le constater sur le projet de loi « Grand Paris » et sur la réforme des collectivités locales. D’autre part, le mépris pour le Parlement est, une fois de plus, clairement affiché. Étudier les 267 articles et les 1.600 amendements que compte ce texte en 30 heures seulement est une insulte au mandat même de député. La sauvegarde de l’environnement ne mérite-t-elle pas que l’on puisse passer quelques heures supplémentaires à débattre sereinement afin de trouver les meilleures solutions possibles ?

Je me suis battue dans l’hémicycle pour améliorer ce texte sur de nombreux points. J’ai par exemple défendu l’autopartage, qui permet de réduire le nombre de voitures en optimisant leur utilisation, et que nous mettrons bientôt en oeuvre à Paris avec Autolib’. J’ai également proposé des mesures pour une meilleure organisation des taxis et pour les inciter à utiliser des véhicules émettant peu de gaz à effet de serre. Mais l’UMP, en rejetant la plupart des amendements socialistes, a bien prouvé que l’écologie n’est pour elle qu’une source d’agitation médiatique, pas une priorité politique.

Lors du vote de la loi Grenelle I, j’avais décidé de m’abstenir car je ne croyais pas en la volonté du gouvernement de mettre en oeuvre toutes les bonnes résolutions annoncées. La suite m’a donné raison : l’une des seules mesures vraiment impératives de ce texte, l’éco-taxe sanctionnant les poids lourds les plus polluants, a été repoussée après la prochaine élection présidentielle, alors qu’elle devait être appliquée dés 2011. Quels nouveaux renoncements le gouvernement nous annoncera-t-il dans six mois ?