04/07/2010

GRAND PARIS : LA DROITE SOURDE AU MESSAGE DES FRANCILIENS

Maintenant que les élections régionales sont passées, la droite ne se retient plus et démontre à quel point son projet pharaonique du Grand Paris peut être néfaste pour l’Ile-de-France.

Le nouveau texte actuellement débattu au Sénat prévoit la fin du débat public engagé sur Arc Express, le métro en rocade autour de Paris qui manque tant aujourd’hui à notre réseau de transport. Ce projet, voté par le STIF et porté par les élus locaux, est beaucoup plus avancé, réfléchit et crédible que celui de Christian Blanc : un financement a été trouvé, de nombreuses études ont déjà été réalisées et le débat public devait bientôt débuter. En agissant ainsi, la droite condamne tous les franciliens à attendre jusqu’à 2025, au minimum, avant qu’un nouveau métro ne voit le jour.

Les socialistes soulignent également depuis des mois le financement particulièrement flou du projet. Si le Secrétaire d’Etat l’estime à 21 milliards d’euros, le PDG de la RATP le chiffre plutôt à 25 milliards. Alors que la majorité s’était bien gardée jusqu’à maintenant d’expliquer où elle trouverait cet argent, elle a été un peu plus précise au Sénat : comme d’habitude, elle a créé de nouvelles taxes. Mais avec des recettes estimées à 700 millions d’euros en 15 ans, on est encore très loin du compte. La question du financement d’un tel projet en période de « caisses vides » reste donc entière.

Le gouvernement peut encore retrouver sa lucidité en retirant son projet et en soutenant le Plan de Mobilisation de Jean-Paul Huchon, plus utile, plus ambitieux et beaucoup moins coûteux. Valérie Pécresse a été sévèrement battue aux élections régionales alors qu’elle faisait du métro du Grand Paris son principal argument. Les électeurs veulent des transports qui fonctionnent et ont clairement tranché parmi les projets qui leurs étaient proposés. Ce soir, avec tous les élus franciliens de gauche réunis dans l’hémicycle du Conseil Régional, nous rappellerons au gouvernement qu’il ne peut rester éternellement sourd au message des urnes.