11/23/2011

GRAND PARIS EXPRESS : DES AVANCÉES, DES DOUTES ET DES PRÉCONISATIONS

Ce matin, dans le cadre de la commission développement durable, j’ai présenté avec Yves Albarello, député UMP, le rapport d’information concernant la mise en application de la loi Grand Paris (2010), sur lequel nous travaillons depuis plusieurs mois. Comportant un certain nombre de préconisations, particulièrement sur le financement et le phasage des travaux, il a été voté à l’unanimité.

J’ai souligné l’évolution des discussions et le changement de philosophie de l’esprit de la loi. En effet, le projet hors sol imaginé par le ministre Christian Blanc, dans un premier temps en charge du sujet, ne tenait compte en aucune façon du réseau de transports existant en Ile-de-France. Nous sommes passés d’un train rapide avec un tracé qui relierait uniquement des futures pôles de compétitivité entre eux avec seulement 40 gares, à un tracé de 74 gares dédié aux déplacements quotidiens des franciliens. Ce revirement a été possible suite à la défaite de la droite aux dernières élections régionales, ce qui l’a obligé à revoir sa copie et reprendre les discussions.

J’ai aussi relevé qu’il restait des doutes sur le financement. Il n’y a toujours pas de plan de financement consolidé, comme l’a montré le rapporteur général du budget, le député UMP Gilles Carrez, que nous avons auditionné. Les premières taxes crées en 2011 par le gouvernement ne sont à l’évidence pas suffisantes pour financer les 35 milliards d’investissements annoncés par Nicolas Sarkozy et les besoins de fonctionnement de l’ensemble des transports en Ile-de-France estimés eux à 43 milliards d’ici 2025.

De plus, alors que le Grand Paris nous a toujours été présenté comme un projet d’ampleur nationale, seuls les franciliens sont mis à contribution. La taxe sur les bureaux et la nouvelle taxe spéciale d’équipement, ne pèsent en effet que sur les ménages et les entreprises de la région. En attendant, les 4 milliards d’euros du budget de l’Etat ont été repoussés à 2014.

A propos du phasage des travaux, la Société du Grand Paris prévoit 10 tunneliers creusant en même temps aux quatre coins de l’Ile-de-France. Cette vision n’est pas réaliste et l’absence de clarté sur ce sujet reste problématique. L’élaboration d’un calendrier ainsi qu’un phasage des travaux et des financements restent à faire.

Enfin, le rapport préconise la mise en place d’un comité de suivi permanent au sein de la commission parlementaire.