06/11/2010

EXPLOSION DE LA FACTURE ELECTRIQUE

Les français vont rapidement découvrir sur leur facture EDF les conséquences du projet de loi sur la nouvelle organisation du marché électrique : + 11 % d’augmentation pour 2011, puis + 3,5 % par an en moyenne jusqu’en 2025. Pour les entreprises, cette hausse atteindra 14,8 % l’année prochaine.

Ce texte, actuellement débattu à l’Assemblée nationale, est une étape supplémentaire dans la libéralisation du marché de l’électricité. La Commission européenne considère en effet que l’énergie n’est qu’un secteur d’activité comme les autres et que son ouverture actuelle n’est pas suffisante. Elle accuse les tarifs régulés pour les gros consommateurs et les industriels de fausser la concurrence en étant trop bas et en empêchant de nouvelles entreprises de venir vendre leur électricité en France.

Partageant la même lecture libérale de l’économie, le gouvernement entérine donc la disparition des tarifs réglementés pour les professionnels et fixe un nouveau cadre pour les particuliers. Il en profite également pour se désengager puisqu’il ne fixera plus ces tarifs lui-même. Ils seront de la responsabilité de la Commission de Régulation de l’Energie (CRE), qui ne tiendra plus compte de la situation économique et sociale du pays pour le faire, mais uniquement du marché et des demandes des producteurs.

Mais si le coût de l’électricité en France est aujourd’hui l’un des plus bas au monde, c’est grâce aux lourds investissements publics qui ont été réalisés dans notre parc de centrales nucléaires. Alors que tout le monde profitait jusqu’à maintenant de cette politique énergétique, financée par le contribuable, cette réforme en redirigera les bénéfices uniquement vers EDF et ses concurrents.

L’énergie n’est pas un bien de consommation comme les autres : c’est une ressource vitale qui nécessite l’intervention publique pour assurer l’intérêt commun. Or ce texte va non seulement miner la compétitivité des entreprises françaises, mais surtout accroître les inégalités sociales. 3,5 millions de familles vivent déjà en état de précarité énergétique. Par idéologie, le Gouvernement s’apprête à aggraver la cette situation.

C’est pourquoi nous demandons que la France maintienne la réglementation de son marché de l’énergie tant que l’Union Européenne n’aura pas adopté une loi cadre sur la protection des services publics. Celle-ci a été rédigée par le Parti Socialiste Européen et est prête à être votée, mais les gouvernements de droite refusent toujours de la soutenir. Il est aussi impératif que l’intérêt des consommateurs, et non celui des seuls fournisseurs d’énergie, soit pris en compte dans la fixation des tarifs. Nous proposons également plusieurs mesures importantes concernant la maîtrise de la consommation et le développement des énergies renouvelable. Je constate d’ailleurs que le gouvernement a déjà complètement oublié les beaux principes du Grenelle II qu’il a fait voter il y a seulement quelques semaines, puisqu’il n’est jamais question de développement durable dans ce texte…