11/14/2010

ESPIONNAGE DES JOURNALISTES : QUAND LE FANTASME DEVIENT RÉALITÉ

Face à la volonté du pouvoir d’interférer dans le travail d’investigation des journalistes, nous avons demandé avec mes collèges députés socialistes, la création d’une commission d’enquête parlementaire. Le rappel à l’ordre de Matignon, via une note du directeur de cabinet de Francois Fillon, au ministère de l’Intérieur à propos des écoutes téléphoniques conforte, s’il le fallait, le bien fondé de notre requête.

Il est temps en effet de faire toute la lumière sur certaines pratiques. Les lois ont été enfreintes, à la fois la loi de 1991 sur les interceptions de sécurité (les écoutes) et la loi récente de janvier 2010 sur la protection des sources des journalistes. Nous voulons que la commission enquête sur les éventuelles surveillances confiées à la DCRI (Direction Centrale du Renseignement Intérieur) visant des journalistes et sur le respect de la protection de leurs sources. Le Premier ministre, en répondant à nos questions à l’Assemblée, nous assure que l’État a agi dans le strict respect des libertés publiques, pourtant tout nous pousse à croire le contraire.

D’abord trois journaux (Le Monde, Le Canard Enchaîné et Mediapart) accusent la DCRI d’avoir espionné leurs journalistes travaillant sur l’affaire Woerth-Bettancourt, puis des journalistes du Point, du Monde et de Mediapart sont victimes de vols d’ordinateurs, enfin une note classée « confidentiel-défense » émanant de Matignon rappelle au ministère de l’Intérieur les principes juridiques régissant les écoutes téléphoniques et l’accès aux factures détaillées des téléphones mobiles.

Depuis le début le gouvernement se démène pour étouffer les affaires Woerth-Bettancourt and co. Le pouvoir est de plus en plus embarrassé, aujourd’hui il ose qualifier l’espionnage des journalistes de fantasme. La presse a le droit et le devoir d’informer. Sa liberté est en jeu, il faut se battre pour la préserver.