01/10/2011

ENTRETIEN DE BERTRAND DELANOË AU JDD : « MES CINQ PRIORITÉS POUR LE PS »

On célèbre les 15 ans de la mort de François Mitterrand. Que reste-t-il de ses deux septennats?
Je ressens une immense gratitude et beaucoup d’affection pour François Mitterrand. Il aimait passionnément la France, il était devenu authentiquement de gauche. Et pour bien servir la gauche, il faut d’abord vouloir servir son pays. Il a su entendre les Français. Il a toujours voulu dépasser les individualismes, et il ne s’est jamais découragé. Il a, à travers l’unité des forces progressistes, fait en sorte que la majorité politique du peuple français s’identifie enfin à sa majorité sociale. Au pouvoir, il n’a pas tout réussi – je me souviens qu’il disait «sur le chômage on a tout essayé»- mais il a été grand en abolissant la peine de mort, en donnant de la force à l’Europe… François Mitterrand regardait la France, il ne regardait pas son miroir. On a dit qu’il avait le sens du temps, il avait surtout le sens de l’Histoire.

En 1981, le PS avait un chef, aujourd’hui ce n’est pas le cas…
Le Parti socialiste a aujourd’hui un chef incontestable, c’est sa première secrétaire. Les primaires permettront de désigner notre candidat. Il n’y a aucun drame à craindre si nous sommes sérieux, collectifs, généreux et ambitieux.

La première secrétaire doit-elle être la candidate en 2012 ?
Il s’agit pour elle d’une décision personnelle. Je note que lorsque nous avons gagné contre la droite en 1981 et en 1997, c’est bien le premier secrétaire du PS qui conduisait la bataille. Mais je me prononcerai quand les candidats seront déclarés. Car il ne faudrait pas, dans les mois qui viennent, nous détourner de l’essentiel. Avant de désigner une personne, il faudra d’abord définir une stratégie qui permette le rassemblement au service de choix assumés. Si nous ne faisons pas tout ce qui dépend de nous pour gagner en 2012, nous serons coupables. Et pour gagner, nous devons conquérir une triple crédibilité : politique, économique, et démocratique. C’est la condition de la victoire.

Avez-vous abandonné toute ambition nationale?
On ne peut pas être un acteur politique sans un engagement et une ambition pour son pays. Mais il faut que cette ambition soit en adéquation avec le temps. Personnellement, si j’étais en situation, je n’hésiterais pas à prendre mes responsabilités.

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