02/17/2012

ENSEIGNANT : LE SEUL MÉTIER QUI, PARAÎT-IL, NE S’ENSEIGNE PAS !

Jusqu’au bout du quinquennat, la majorité poursuivie sa casse méthodique de l’Education nationale.

Le coup le plus dur est le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux et la suppression de 66 000 postes d’enseignants depuis 5 ans. Mais la réforme dite de la « mastérisation », certes moins médiatisée, est également catastrophique et aboutie à une aberration totale : le métier d’enseignant est devenu le seul à ne pas être enseigné ! La plupart des candidats ayant réussi l’examen d’entrée dans l’éducation nationale ont ainsi été mis directement devant leurs nouvelles classes, sans avoir reçu un seul cours de pédagogie ou fait de stage en milieu scolaire.

Au moment du vote de cette loi, nous avions dénoncé ses effets désastreux sur la qualité de l’enseignement en France. Les faits nous ont donné raison et le rejet de cette réforme est aujourd’hui unanime. La Cour des Comptes vient même de l’épingler dans son rapport annuel, pointant du doigt le manque de réflexion du ministre, l’insuffisance de la formation des enseignants, la dévalorisation du métier qui entraîne une baisse importante du nombre de candidats aux concours et la faiblesse des économies budgétaires réalisées, qui étaient pourtant l’objectif annoncé du gouvernement.

Au lieu de prendre en compte leur échec et de le corriger, les députés UMP viennent de voter en urgence une proposition de loi qui aggrave la situation. En trois articles, ce texte vise à supprimer les formations initiales, dissoudre définitivement les IUFM (Institut Universitaire de Formation des Maîtres) et permettre aux structures privées de former les futurs enseignants de l’école publique.

L’école n’est pas une dépense inutile qu’il faut réduire à tout prix, mais un investissement d’avenir pour notre société tout entière.

Dans cette élection présidentielle, ce sont bien deux visions différentes qui s’opposent. Pour nous et pour François Hollande, si enseigner est souvent une vocation, c’est aussi un vrai métier qui s’apprend. C’est pourquoi nous mettrons en place une formation initiale et continue de qualité pour tous les enseignants, qu’ils se destinent à la maternelle ou à l’université. Nous créerons 60 000 postes d’enseignants et d’encadrants sur 5 ans. Surtout, nous referons de l’école la priorité qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être pour la Nation.