04/13/2012

ENCADREMENT DES LOYERS : QUI PEUT ENCORE CROIRE NICOLAS SARKOZY ?

Le spectaculaire retournement de veste qu’est en train de réaliser le Président sortant sur la question de l’encadrement des loyers rentrera dans l’histoire des campagnes présidentielles. Pas de manière glorieuse, comme la position de François Mitterrand sur l’abolition de la peine de mort. Plutôt comme le parfait exemple du cynisme absolu de Nicolas Sarkozy.

Face à l’explosion du coût du logement, l’encadrement des loyers est une solution efficace que proposent les socialistes depuis des années. On ne compte plus les amendements et les propositions de lois que nous avons défendus au Parlement. « Démagogique », « illusoire », « contre-productif », la majorité n’avais jamais de mots assez durs pour nous rejeter et nous caricaturer.

Le 22 février dernier, dans l’Hémicycle, le ministre du Logement m’a ainsi répondu que « l’encadrement des loyers n’est évidemment pas une solution adaptée. Cela conduirait à une catastrophe totale sur le territoire. »

Le Président de la République a même été plus loin le 29 janvier en direct sur 9 chaînes de télévision : «Si on fait l’encadrement des loyers, c’est très simple : plus personne ne louera et plus personne ne construira. C’est exactement le contraire de ce qu’il faut faire. Cela n’a marché nulle part, même à l’époque de l’Union soviétique».

Patatras, à moins de 10 jours du scrutin, Nicolas Sarkozy est pris d’un éclair de lucidité. Il choisi une interview au magazine Femme Actuelle pour annoncer que, si il gagne, il mettra en place l’encadrement des loyers. C’est l’exact inverse de ce qu’il a toujours défendu et de la politique qu’il a mené, mais il s’en fiche. Il est prêt à dire tout et son contraire pour ne pas être mis à la porte de l’Elysée, alors ce ne sont pas des concepts comme la crédibilité ou la cohérence qui vont l’arrêter.

Le problème, c’est qu’entre ses mensonges à répétition, ses caricatures permanentes des idées de François Hollande et ses changements d’avis à 180°, Nicolas Sarkozy démontre une chose terrible : on ne peut pas laisser en place un Président de la République dont la parole n’a plus aucune valeur.