04/11/2011

ÉLECTRICITÉ, GAZ, ESSENCE : LES PRIX GRIMPENT PLUS VITE QUE LES SALAIRES

La flambée du coût de l’énergie pèse très lourd sur le pouvoir d’achat des ménages puisque 3,5 millions d’entre eux consacrent plus de 10 % de leur revenu à leurs factures d’énergie.

Le 1er avril dernier, le prix du gaz a augmenté de 5,2 % sur décision du gouvernement. Depuis 2005, l’augmentation aura été de 60 % dont 20 % en 1 an.

Nous avions pourtant prévenu que la fusion entre GDF et Suez ferait monter les prix payés par les usagers et nous demandions que le système de calcul utilisé par l’État pour fixer les prix du gaz soit profondément modifié en retirant la prise en compte des prix du pétrole qui fait grandement gonfler la note. Cette situation est d’autant plus aberrante que le prix du gaz sur les marchés internationaux s’effondre depuis 2008.
À un an des élections, le gouvernement vient d’annoncer qu’il va, enfin, y réfléchir et que les prix seront bloqués jusqu’à fin 2012 ! À suivre…

La prochaine hausse du prix de l’électricité, qui interviendra elle, au 1er juillet, sera de 2,9 %, après avoir déjà grimpé de 10 % en 2010. Mais ce n’est rien à côté de ce que EDF demande pour la période 2012-15 : entre 30 et 50 % d’augmentation !

Le problème est notamment lié à la loi NOME que l’UMP a fait voter il y a quelques mois et qui est sensée organiser la concurrence sur le marché électrique. EDF devra ainsi vendre un quart de sa production à ses futurs concurrents à un tarif fixé par l’État, avec un prix bien plus élevé que celui pratiqué aujourd’hui.
Nous sommes donc dans une situation où, par pure idéologie, le gouvernement va faire payer les usagers plus cher, pour permettre à la concurrence d’exister sur un marché où le monopole public a toujours très bien fonctionné. On marche sur la tête !

Dans le même temps, le litre d’essence dépasse désormais les 1,50 € en moyenne. L’augmentation du prix du pétrole est évidement en cause mais ce n’est pas la seule raison. L’État peut en effet jouer sur la TIPP, la taxe sur le carburant, pour diminuer l’impact de cette hausse sur les consommateurs. C’est ce que nous avions mis en place avec la « TIPP flottante » il y a plus de 10 ans et que la droite a toujours refusé. Nous proposons également depuis 2007 une contribution exceptionnelle des compagnies pétrolières, pour compenser les profits démesurés qu’elles réalisent sur le dos des consommateurs. Le gouvernement annonce qu’il va finalement reprendre cette idée ! À suivre…

Rappelons tout de même que les entreprises du secteur de l’énergie font partie des plus rentables du CAC 40. Les bénéfices de Total, par exemple, dépassaient les 10 Mds€ en 2010. De plus, grâce à une niche fiscale faite sur mesure, l’entreprise ne paie plus d’impôts sur les sociétés en France depuis 2 ans ! GDF-Suez affiche plus de 5 Mds € de profits et en redistribue plus de la moitié à ses actionnaires. Quant à EDF, si elle affiche officiellement 3 Mds € de bénéfices l’année dernière, c’est sans compter les 7 autres milliards de profit qu’elle a mise de côté.

L’énergie est certes un domaine complexe, dépendant d’aléas géopolitiques forts et demandant des investissements lourds, notamment pour prendre en compte la nouvelle dimension écologique. Mais pour le moment, c’est surtout dans le porte-monnaie des consommateurs que se concentrent les vraies difficultés, pas dans celui des entreprises et de leurs actionnaires.