09/07/2011

ÉDITO

En ce début septembre, nous aimerions mettre un peu de baume au cœur à tous, pour donner l’envie d’affronter la rentrée. C’est une grande ambition me dit-on, alors que les annonces de plans de rigueur, les chiffres de la montée du chômage, la rareté de l’emploi, l’augmentation des prix comme le creusement des inégalités plombent le moral et les porte-monnaie. Beaucoup d’entre vous se sentent démunis pour faire front et se demandent comment arrêter la machine à broyer notre pays. Pourtant, nous connaissons ses ressources, ses qualités, sa capacité à rebondir. Nous savons que le sursaut est possible, à portée de main, malgré les discours des dirigeants donnant l’impression d’être ballotés au gré de la crise et des marchés. Nous entendons chaque jour les contradictions du gouvernement qui sent qu’il ne pourra plus longtemps cacher ses errements pour se réfugier derrière la crise. Nous assistons aux déchirements de la majorité sur les remèdes à délivrer pour conjurer les dépenses et trouver des recettes. À peine annoncées par le Premier ministre, les mesures pour trouver les 12 milliards d’économie ont déjà du plomb dans l’aile, avec Jean-Pierre Raffarin en première ligne, pour contredire le Président de la République. Ce dernier trouve fièrement l’artifice de l’inscription de la fameuse « règle d’or » dans notre Constitution et c’est le Président de l’Assemblée Nationale qui s’oppose à la convocation du Congrès estimant que les risques d’un vote négatif sont « réels ». À l’heure où les Français ont besoin d’être rassurés, l’Elysée s’enferme dans son isolement, la politique du gouvernement s’improvise au jour le jour, les députés de l’UMP pratiquent la fuite en avant et le parti présidentiel utilise la méthode Coué.

Il n’y a pas de fatalité. Comme pour l’Europe, il existe des moyens pour relever les défis, encore faut-il la volonté politique de s’en saisir, mais Angela Merckel et Nicolas Sarkozy ne l’ont pas voulu.
Les difficultés sont multiples, chacun en a conscience, mais elles peuvent être surmontées dans la solidarité et la confiance. Rétablir la justice, redresser les contre-pouvoirs, respecter le peuple, sont la base sur laquelle nous pourrons construire à nouveau.