03/23/2010

DES VICTOIRES, DES PROJETS, UNE RESPONSABILITÉ

regions_qu_on_aime.pngLa victoire de la gauche au deuxième tour des élections régionales est sans appel. Dans quasiment tous les cas, les électeurs ont renouvelé à la gauche leur confiance pour présider aux destinées de leur région. C’est une claque sans précédent pour la droite au pouvoir qui réalise l’un de ses pires scores sous la Vème République. C’est aussi une réponse directe et sans équivoque à l’injustice et à l’inefficacité de la politique menée par Nicolas Sarkozy et sa majorité.

Ils ont pourtant tout osé, ou presque, pour éviter cette débâcle. Ils ont avivé les peurs les plus primaires et agité le chiffon rouge de l’immigration dans un débat sur l’identité nationale indigne de notre pays. Ils ont essayé de rejouer le traditionnel couplet sur l’insécurité pour remobiliser leur électorat. Mais la crédibilité de la droite est tellement entamée que tout cela n’a servi, au final, qu’à redonner du crédit aux thèses du Front National. Et l’électeur préfère toujours l’original à la copie…

En Ile-de-France, en même temps que l’approbation du bilan et du programme de Jean-Paul Huchon, Valérie Pécresse à pu mesurer la défiance des électeurs envers le gouvernement et les idées qu’elle représente. Sur le sujet des transports, qui a été central pendant cette campagne, elle a aussi pu se rendre compte du peu d’intérêt qu’ont les franciliens pour le Grand Paris. Alors qu’il figurait au coeur de son projet, alors qu’un ministre s’y consacre à temps plein et que ce Grand Huit avait été conçu, avant tout, comme une arme médiatique devant permettre à la droite de récupérer la région, c’est un échec complet. Ce projet de loi était déjà critiqué par de nombreux élus locaux, les architectes, les urbanistes, les syndicats et les associations, on peut aujourd’hui rajouté à son débit qu’il n’a pas non plus convaincu les électeurs. Espérons que le gouvernement ait compris le message et qu’il réorientera les moyens qu’il comptait dépenser dans ce projet pharaonique vers le soutien à la région et au STIF pour l’amélioration de nos transports publics.

Même si cette victoire est belle, nous n’oublions pas pour autant qu’elle traduit avant tout l’attente des français pour des réponses concrètes à leur difficultés. Le nombre élevé d’abstentionnistes et le score à la hausse de l’extrême droite prouvent que notre pays traverse une crise démocratique impressionnante dont nous ne sortirons qu’en inspirant de nouveau la confiance. Les présidents de régions et tous les élus de gauche ont conscience de la grande responsabilité qui est la leur désormais. A nous de mener à bien nos programmes et d’expérimenter localement les idées qui permettront à la gauche de célébrer en 2012 de nouvelles victoires.