11/04/2015

Des mesures de justice pour les « Chibanis »

Dans les années 60, de nombreux travailleurs maghrébins sont venus en France participer à la construction du pays. La main d’œuvre manquait et beaucoup d’entreprises embauchaient ces hommes qui ne rechignaient pas aux tâches ingrates sans exigences d’augmentations de salaires. Ils ont travaillé dur pendant toute leur vie, ils étaient mal payé, ils cotisaient à la Sécurité sociale, payaient leurs impôts et ont grandement participé au très fort développement économique que nous avons connu pendant ces « Trente glorieuses ».

Pendant des décennies, l’Etat a fait comme s’ils n’existaient pas, comme s’ils ne subissaient pas une injustice particulière alors qu’ils ne bénéficiaient pas des mêmes droits que leurs collègues français. Les difficultés éprouvées par nombre d’entre eux paraissaient pourtant évidentes : manque de reconnaissance de leur apport au développement économique et social de la France, faibles pensions de retraite, accès aux droits défaillant, conditions de logement indignes, santé précaire et dépendance précoce, solitude et isolement…

Depuis 2012 notre majorité s’est saisie de cette question trop longtemps ignorée. Une mission d’information parlementaire, conclue en juillet 2013 par le rapport de mon collègue Alexis Bachelay, député des Hauts de Seine, a souligné l’apport indéniable de ces personnes à la France et leurs conditions de vie difficiles. Des propositions ont été formulé afin d’améliorer leur situation. (Lien rapport)

Récemment deux mesures particulièrement attendues ont été prises : d’une part les migrants retraités pourront continuer à toucher leurs allocations même lorsqu’ils passent une grande partie de l’année dans leur pays d’origine. L’éternel soupçon de fraude n’a pas lieu d’être pour des personnes âgées qui ne font que partager leur vie entre leurs deux pays.

D’autre part, les migrants de plus de 65 ans peuvent acquérir la nationalité française plus facilement s’ils ont déjà vécu en France depuis plus de 25 ans.

Enfin, à Paris, l’évacuation d’un vieil hôtel meublé en février dernier a attiré les projecteurs sur cette population. Une trentaine de ces « chibanis », ces « cheveux blancs » algériens et marocains principalement, habitaient dans des chambres insalubres que leur propriétaire voulait raser pour construire un hôtel plus neuf et rentable. Bien heureusement, la Mairie de Paris est intervenue efficacement : tous les migrants âgés ont été relogés et l’hôtel indigne a été fermé.  Son propriétaire, qui n’avaient jamais fait de travaux, a été mis dans l’obligation de ne pouvoir construire à la place que des logements sociaux.