09/13/2011

DES ÉCONOMIES DE BOUTS DE CHANDELLES

Ce n’était que la première loi de la rentrée et pourtant le gouvernement semble déjà à bout de souffle. Le correctif budgétaire que l’Assemblée a étudié ces jours-ci à montré à quel point l’exécutif navigue à vue.

Ce texte ne devait initialement comporter que des mesures de soutien financier apporté à la Grèce par la France. Même si elles marquent certaines avancées, elles sont loin d’être suffisantes. Nous devons mettre en place des réformes qui permettront de sortir réellement de la crise et d’éviter que les marchés financiers ne nous y replongent tous les 6 mois : solidarité financière européenne avec la création d’euro-obligations, taxation des transactions financières, réorganisation des activités des banques dont l’obsession du profit à tout prix fait prendre des risques insensés à toute l’économie mondiale…

Mais au dernier moment le Premier Ministre a ajouté à ce texte une partie des mesures du plan de rigueur décidé au coeur de l’été. Il fera peser 1 Md€ d’impôts en plus sur les classes moyennes et populaires en 2011 et 10 Md€ supplémentaire l’année prochaine. Ces nouvelles taxes sont aussi injustes qu’inefficaces.

Avec le doublement de la taxe sur les mutuelles, créées il y a seulement un an, ce sont encore les plus modestes qui sont visés. L’élargissement de la CSG se fera lui fortement sentir sur les feuilles de paie des salariés. Ces mesures vont peser lourdement sur le pouvoir d’achat des ménages et sont dangereuses pour la croissance, qui dépend beaucoup de la consommation. Ces économies de bout de chandelles sont à comparer au cadeau de 2 Md€ que la majorité a accordé aux plus riches en réduisant l’impôt sur la fortune il y a 2 mois à peine.

Le psychodrame au sein de la majorité sur la taxation des parcs d’attraction ou des sodas sucrés montrent en tout cas à quel point la majorité présidentielle ne sait plus quoi dire ni comment faire pour combler les monstrueux déficits qu’elle a creusés.

Depuis 10 ans, la politique économique de l’UMP se résume à une idée simpliste : « baisser les impôts des plus riches pour que tout aille mieux ». Résultat, la croissance est passée de 3 % en moyenne sous le gouvernement Jospin à 2 % sous Chirac et 1 % avec Sarkozy. La dette a quant à elle doublé en 10 ans, principalement à cause des cadeaux et des niches fiscales en faveur des plus fortunés.

Il est temps de mettre en oeuvre la grande réforme fiscale dont le pays a besoin et que François Hollande propose aux français. La campagne présidentielle de 2012 nous permettra de développer nos idées et de les comparer avec l’inaction et le laxisme coupable de la droite dès qu’il s’agit d’encadrer la finance.