02/08/2009

« DE NOUVELLES RECETTES POUR LES TRANSPORTS MAIS PAS DE PÉAGES »

enjeux.jpgRetrouvez l’intégralité de mon intervention dans Enjeux – Les Échos, de février 2009 :

« Quand on lit qu’au XIXe siècle, l’octroi rapportait aux villes l’équivalent en 2007 de 1,1 milliard d’euros, cela fait rêver. Surtout quand l’Etat ne cesse de se désengager. C’est particulièrement net sur les transports collectifs. Depuis 2002, par exemple, les budgets nationaux consacrés aux transports franciliens ont diminué de 48%, tandis que la part des collectivités territoriales a augmenté de 60% ces deux dernières années.

Or, les besoins sont énormes : il a été très peu investi dans les transports publics (RER, métro, bus, etc.) depuis les années 70-80. En juillet, Jean-Paul Huchon, président de la région (PS) a dit à Jean-Louis Borloo que l’Ile de France mettrait 17 milliards sur la table pour que les Franciliens puissent enfin bénéficier de transports modernes et adaptés à leurs besoins.
Nous souhaitons que l’Etat prenne sa part dans le financement de ces projets, mais à terme il nous faudra innover pour trouver des recettes nouvelles et pérennes, sachant que la municipalité est contre le principe de faire payer pour entrer dans Paris.
D’ailleurs, cette possibilité pour les collectivités de mettre en place un péage urbain qui figurait dans l’avant projet de loi du Grenelle 2 a disparu dans sa version définitive rendu publique le mois dernier. Elle reviendra peut-être sous forme d’amendement pendant la discussion au Parlement. A cet égard, je m’étonne de la pauvreté du chapitre consacré aux transports : six articles seulement sur une centaine, alors que le sujet devait faire l’objet d’une grande loi d’orientation.Concernant le péage, il serait curieux en effet, de promouvoir Paris Métropole et l’ouverture de la ville sur l’extérieur tout en instaurant une taxe pour y entrer. En revanche, nous sommes favorables à l’instauration d’une taxe sur les poids lourds qui circulent sur les routes, périphériques et rocades franciliennes ce qui est rendu possible par le Grenelle 1. Le montant, qui serait établi en concertation avec les professionnels, pourrait être modulé selon le taux de pollution, la longueur du trajet et réparti entre le client et le transporteur. On pourrait aussi réhabiliter la taxe sur les bureaux qui a été supprimée en 2000. Enfin, nous discutons à l’initiative du Préfet de Police de Paris pour que le stationnement payant non résident soit mieux respecté (8 automobilistes sur dix ne paient pas), les amendes plus élevées et leur produit mieux partagé avec la municipalité. »