12/06/2010

CONTRE LE SIDA, CONTINUONS À COMBATTRE, À PRÉVENIR, À SOIGNER

La journée internationale de lutte contre le SIDA est une bonne occasion de rappeler ce qui devrait être une évidence : seul le préservatif permet de se protéger de la maladie. Même le Pape semble commencer à le comprendre.

Toutes les déclarations pleines de compassion prononcées ces derniers jours ne doivent cependant pas faire oublier une chose importante : l’évolution de la maladie dépend aussi de la politique de santé qui est menée pour la combattre. Malheureusement, sur ce terrain, on est loin des grands discours.

Au niveau international, 2,6 millions de personnes ont été contaminées en 2009. Malgré cela, les engagements pris pour financer le Fond mondial de lutte contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme sont revus à la baisse. L’accès aux traitements dans les pays du Sud est toujours aussi difficile et la circulation de médicaments génériques reste entravée par les compagnies pharmaceutiques, trop souvent soutenues par les gouvernements des pays développés.

En France, les personnes séropositives sont extrêmement précarisées. Le risque d’être sans emploi est 5 fois plus élevé que dans le reste de la population et un quart d’entre elles vivent de minima sociaux.

Les associations voient leurs moyens se réduire alors que leur action est primordiale. Des campagnes de préventions sont nécessaires pour lutter contre la banalisation et l’affaiblissement de la vigilance, mais elles restent trop peu diffusées et ne semblent pas être une priorité de la politique de santé publique. Le nombre de personnes contaminées qui l’ignorent est aujourd’hui estimé à un tiers, ce qui montre le chemin qu’il reste encore à parcourir.

A ce constat vient s’ajouter récemment un insupportable amendement parlementaire soutenu par un sénateur Ump et voté par la droite, qui empêche les malades étrangers présents sur le territoire français de bénéficier des thérapies nécessaires. Ce sont donc les plus démunis qui ne pourront plus être soigné et la population toute entière qu’on fragilise ainsi. Ce n’est certainement pas de cette manière que l’on fera régresser la propagation de la maladie et la stigmatisation des malades.