05/21/2013

CONFERENCE DE PRESSE AU NOM DU GROUPE SOCIALISTE

Au cours de ma conférence de presse à l’Assemblée nationale, j’ai parlé de l’actualité du Parlement, de la promulgation de la loi ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe, de la conférence de presse du Président de la République et de la réunion des députés avec le Premier ministre.

 

 

La droite devient barjot

Je veux d’abord dire la fierté des députés socialistes d’avoir écrit une page d’histoire en portant, avec le Président et le gouvernement, cette grande réforme du mariage pour tous. Elle met fin à une discrimination séculaire envers les couples homosexuels et consacre la pleine égalité des droits entre familles et entre les enfants. C’est le fondement même du message républicain : unir les différences.

En cela, elle est une loi fédératrice qui prend place auprès des grandes réformes qui ont fait avancer la société vers plus de justice et de fraternité. C’est le sens du rassemblement de ce soir : apaiser et réconcilier. Le mariage des couples de même sexe n’est pas une révolution, ce n’est pas une victoire de la gauche sur la droite, c’est la reconnaissance des évolutions de la société.   >>

Que des courants conservateurs aient tenté de s’y opposer est compréhensible. Ce qui ne l’est pas, c’est le climat d’affrontement que véhicule ce mouvement en fricotant jusqu’au bout avec des groupes violents et homophobes. C’est l’appel de ses responsables et de certains maires à boycotter l’application de la loi. C’est la dérive de l’UMP devenue l’otage et la complice d’excités qui établissent des listes noires contre les élus «coupables» d’avoir voté la loi. Ce sont enfin les mensonges de certains qui continue de faire croire qu’ils réécriront la loi alors que d’autres savent pertinemment qu’ils n’y toucheront pas. Même Henri Guaino l’a dit !

La droite est devenue Barjot dans son refus de cette loi. La manifestation prévue dimanche en est un nouvel exemple : le mariage pour tous n’est plus qu’un prétexte ; la cible, c’est le Président de la République, c’est la gauche, c’est notre légitimité à gouverner et à réformer.

 

L’Europe doit être une solution et non un problème

 

La conférence de presse du Président de la République a permis de balayer les critiques et les caricatures qui accompagnent son action depuis 1 an.

  • 1ère idée fausse : l’indécision. Le Président a démontré qu’il a fait des choix déterminants et courageux pour redresser et adapter le pays : le compromis historique sur la sécurisation de l’emploi, le pacte de compétitivité, la réduction des déficits, la mariage pour tous, l’intervention au Mali. En décrétant l’offensive contre la crise, en affichant une autorité sereine, le chef de l’Etat rompt avec l’exercice solitaire du pouvoir de son prédécesseur. Son projet, c’est d’entrainer les français dans cette entreprise collective de redressement et de leur rendre confiance en eux-mêmes et en leur pays.
  • 2ème idée fausse : l’incohérence. François Hollande a démontré la constance et la ténacité de sa politique : poursuite de l’assainissement économique et financier ; offensive pour remettre à flot la compétitivité de notre appareil de production avec notamment le plan d’investissement dans les filières d’avenir et la réorientation de l’épargne ; accélération des réformes structurelles pour rénover et sauvegarder nos systèmes de protection sociale, à commencer par le régime des retraites. Le Président sait où il va ; il sait comment le faire. Il n’y aura ni inflexion, ni tête à queue, c’est un changement radical avec ses prédécesseurs.
  • 3ème idée fausse : l’absence de vision européenne. Ce qu’a proposé jeudi François Hollande, c’est le sursaut de l’Europe. La phase 1 a consisté à sortir la zone euro de sa crise financière en réorientant ses choix économiques et politiques. La phase 2, c’est l’Europe par la preuve, par le contenu, par les projets : un gouvernement économique, l’harmonisation fiscale, la mutualisation des dettes, une politique commune de l’énergie, un programme d’insertion des jeunes.

Ce sont des propositions simples et ambitieuses. Simples parce qu’elles s’attachent à rendre l’Europe plus concrète et plus protectrice pour ses peuples. Ambitieuses parce qu’elles visent à faire de la zone euro la matrice d’une Europe intégrée et solidaire.

La balle est maintenant dans le camp de nos partenaires. Le contenu des politiques est la clé de tout et le Conseil européen va permettre de mesurer le chemin à parcourir. Mais François Hollande a montré depuis un an sa capacité de persuasion et de conviction pour surmonter les blocages. C’est la première fois, depuis François Mitterand et Jacques Delors, que l’Europe n’est plus présentée comme un problème mais comme une solution.

 

Projet de loi sur les ordonnances pour construire des logements

 

En me confiant la responsabilité de rapporter cette loi, le groupe m’a permis de mieux comprendre à quel point les contraintes, les délais, les nombreux règlements d’urbanistes pouvaient être un frein à la construction de logements. C’est la raison pour laquelle le Président de la République a présenté le plan d’investissement pour le logement dont les 8 premières mesures sont dans ce projet de loi. Si elles sont très techniques, elles sont pour autant très attendues selon tous les acteurs du logement que j’ai auditionné ces dernières semaines.

 

Projet de loi Enseignement supérieur et Recherche

 

Ce texte est à la fois le prolongement de la loi de 2007 sur l’autonomie des universités et la correction de ses malfaçons : trop de bureaucratie et de centralisme, pas assez d’attention à l’orientation et à l’insertion professionnelle.
Sans revenir sur les acquis de l’autonomie, le projet de loi de Geneviève Fioraso s’attelle à  répondre à 3 objectifs :

  • l’amélioration de la réussite des étudiants qui stagne depuis plusieurs années avec l’objectif d’atteindre 50% d’une génération diplômée de l’enseignement supérieur.
  • Le rattrapage du retard pris par notre système universitaire et de recherche sur des pays comparables au nôtre.
  • Une offre de formation plu simple, plus claire et plus efficace.

Concernant les moyens, un amendement des députés socialistes proposera la rédaction d’un livre blanc de l’université qui permettra de définir les moyens complémentaires pour les 3 ans qui viennent.

 

Les soldats de l’an II

 

Au cours de la réunion du groupe socialiste, le Premier Ministre est revenu sur le travail accompli depuis un an et nous a dit : «nous ne mesurons pas assez ce que nous avons fait ensemble». Il a souhaité que nous puissions lui indiquer comment et concrètement dans nos circonscriptions les lois que nous avons voté s’appliquent . En résumé, Jean Marc Ayrault nous a demandé d’être les soldats de l’an II.

Par ailleurs, le Premier Ministre a rappelé que son ambition était de sauver le modèle social français, si envié à l’étranger, en le réformant « sinon il se délite». Plusieurs d’entre nous ce sont exprimés sur la réforme des retraites considérant que l’allongement de la durée de vie exige de vrais débats. Ils auront lieux dans le cadre de la prochaine conférence sociale auquel participeront pleinement les partenaires sociaux. Ce nouveau dialogue inédit en France et instauré avec l’accord sur la sécurisation de l’emploi va se poursuivre avec l’agenda social.