11/12/2013

Conférence de presse à l’Assemblée nationale

Au cours de ma conférence de presse à l’Assemblée nationale, j’ai parlé, entre autres des évènements survenus lors de la commémoration du 11 novembre et du climat politique actuel, de la diminution de la note de la France par l’agence Standard & Poors, de l’application de la réforme des rythmes scolaires et de la solidarité avec le peuple philippin. 

 

Le climat politique en France

Je veux d’abord dire notre soutien à Bernard Reynès, député-maire UMP de Chateaurenard face à l’agression dont il a été victime, avec d’autres élus.

Il est temps, grand temps de stopper la propagation de la haine et de l’intolérance que l’extrémisme est en train de semer dans le pays. Les manifestations orchestrées contre le président de la République lors des cérémonies du 11 novembre, témoignent d’une dérive politique à laquelle il faut mettre un terme. Nous n’acceptons pas que ces extrémistes, ces factieux, salissent la France le jour où elle se réunit pour  rendre hommage à ceux qui sont morts pour sa liberté. Nous n’acceptons plus cette stratégie de la tension qui vise à attiser les peurs et les désordres pour déstabiliser les autorités légitimes du pays.

Cette mise en garde s’adresse aussi à tous les petits groupes qui sont en train de faire sombrer le mouvement contre l’écotaxe dans la violence et les déprédations.  Il est hors de question pour nous de transiger  avec ce poujadisme violent  qui détruit les biens publics et s’attaque aux forces de l’ordre. Comme l’a rappelé le Premier ministre, les responsables de ces actes seront poursuivis et traduits devant tribunaux.

Depuis le début de cette affaire, le gouvernement a montré son esprit de dialogue en suspendant l’écotaxe, en acceptant d’en négocier les modalités sans date butoir, en proposant un pacte d’avenir pour la Bretagne. Mais le dialogue n’est pas un permis de casser. La seule réponse possible à la violence est la fermeté et l’application de la loi républicaine. Les Français l’ont bien compris qui considèrent à une grande majorité que le mouvement des bonnets rouges n’a plus de raison d’être.

La faiblesse, elle est du côté de la droite et du FN. Quand M. Copé, M. Morin et Mme Le Pen disent comprendre ces actes de violence, ils encouragent leurs auteurs et banalisent leurs dérapages.

Les compréhensifs deviennent les complices et ils doivent en assumer la responsabilité. Leur haine de la gauche est telle qu’ils sont prêts à pactiser avec n’importe quel activiste. Ceux qui sont contre « la culture de l’excuse » sont les premiers à excuser des actes pourtant inexcusables.

La faiblesse, elle est également chez ceux qui entretiennent complaisamment la thèse d’un embrasement social généralisé. Qu’il y ait des inquiétudes et du mécontentement, nul au groupe et au gouvernement ne le mésestime. Mais confondre l’action de quelques groupes ultra avec une rébellion populaire relève de la fantasmagorie.

Face à la remise en cause du Président et des institutions, ce matin, le groupe, unanime et debout, a exprimé sa totale solidarité au Premier ministre. Comme l’a rappelé l’une de nos collègues, c’est notre boulot de combattre l’extrémisme, c’est notre boulot de défendre notre conception de la République et c’est notre boulot de défendre le redressement du pays.

 

La diminution de la note de la France

 La France n’est pas ce pays bloqué et irréformable que décrit l’agence Standard and Poor’s pour justifier l’abaissement de sa note. Cette caricature a été balayée par le prix Nobel de l’économie Paul Krugman pour qui notre pays a de très bons fondamentaux. Elle a été également battue en brèche par les investisseurs qui continuent de nous prêter à des taux historiquement bas, parce qu’ils ont confiance dans la signature de la France.

En dix-huit mois les réformes que nous avons engagées ont permis de sortir de la récession et d’amorcer la reprise. Tout notre travail est maintenant de réconcilier la France avec elle-même, de lui rendre confiance dans ses potentialités. C’est le sens qu’a voulu donner le président au centenaire de la grande guerre et c’est l’axe de son action : réformer sans brutaliser, fédérer sans renoncer.

 

L’application de la réforme des rythmes scolaires

Je tiens à rappeler aux maires de droite qui ne veulent pas appliquer la loi républicaine que le Conseil Constitutionnel ne reconnait pas l’objection de conscience. Que ce soit pour les rythmes scolaires ou pour le mariage pour tous. Le Premier ministre reviendra sur cette question devant le Congrès des maires le 19 novembre prochain.

Dans 95% des villes dans lesquelles sont appliqués les rythmes scolaires, les choses se passent bien. Bravo à ceux qui ont eu le courage de le faire, particulièrement dans les petites communes.

Au-delà de la réforme des rythmes scolaires, une récente étude montre qu’aujourd’hui 30% de plus de jeunes veulent devenir professeur. Cela montre que ce métier n’est plus un repoussoir comme il l’était devenu sous la droite.

 

La solidarité avec le peuple philippin

Enfin, je veux exprimer notre solidarité au peuple philippin, durement meurtri par cette catastrophe climatique. Comme pour le tsunami, le monde entier doit se mobiliser pour porter secours aux populations sinistrées et aider à la reconstruction.

Mais la réponse à l’urgence ne suffit plus. Toutes les études du GIEC et des climatologues montrent que ces catastrophes à répétition ne sont pas une fatalité mais la conséquence du réchauffement climatique. Depuis dix ans, les efforts de la communauté internationale pour réduire les gaz à effet de serre se sont étiolés. Les sommets de Johannesburg, de Rio, de Copenhague ont été des échecs et la conférence de Varsovie prend le même chemin faute d’une volonté des Etats de repenser les bases du modèle productiviste qui fabrique ces dérèglements climatiques.

Avec le programme de transition énergétique et écologique, avec le refus des gaz de schiste, avec la proposition d’une Europe de l’énergie, le gouvernement français est en pointe pour remettre ce combat au cœur de l’action internationale.