10/29/2013

Conférence de presse à l’Assemblée nationale

Au cours de ma conférence de presse à l’Assemblée nationale, j’ai évoqué la suspension de la taxe poids lourds, le projet de loi de financement de la sécurité sociale et les attaques racistes dont est victime Christiane Taubira.

 

La suspension de la taxe poids lourds

 

Nous comprenons et nous approuvons la décision du Premier ministre de suspendre l’entrée en vigueur de la taxe poids lourds et de continuer à en négocier les modalités. Dans une période de tension et d’inquiétude, le devoir d’un gouvernement est de savoir faire les gestes qui apaisent et réconcilient. Il a su répondre aux attentes des Bretons mais aussi de l’ensemble du pays. La bonne réponse aux inquiétudes sociales est de faire nation.

La Bretagne, comme d’autres régions françaises, traverse une mutation économique et sociale très difficile. Notre priorité n’était évidemment pas de l’aggraver en s’arc boutant sur des mesures fiscales, mais au contraire de tout faire pour l’aider et l’accompagner. Je regrette d’ailleurs que les élus de droite n’aient pas répondu ce matin à l’invitation du Premier ministre. Ils préfèrent mettre de l’huile sur le feu qu’ils ont eux mêmes allumé.

Cette décision ne remet pas en cause le principe d’une fiscalité écologique qui consiste à transférer une partie de l’imposition du travail sur la pollution, mais cela doit se faire dans un climat de confiance avec les producteurs et les salariés.

Depuis 18 mois, nous avons demandé un grand effort aux Français. Cet effort était rendu nécessaire par la situation catastrophique de nos finances publiques. Maintenant que la reprise se dessine, notre priorité est de booster la croissance et d’enraciner la confiance en commençant a inverser la courbe des prélèvement en 2014.

Le report de la taxe poids lourds, comme de l’harmonisation de la fiscalité des produits d’épargne, va dans ce sens. J’ajoute que ces deux mesures ne sont pas des dispositions structurantes de notre politique. Ce sont des mesures d’appoint financier qui ne justifient ni un tel tohu-bohu ni une incompréhension durable avec nos concitoyens.

Le retrait de cette taxe n’est ni un acte de faiblesse, ni une crainte de l’impopularité. Nous avons prouvé depuis 18 mois notre capacité à assumer des décisions difficiles et impopulaires. Mais gouverner c’est aussi savoir écouter, dialoguer, négocier des compromis intelligents qui permettent au pays d’avancer plutôt que de rester bloqué. C’est ce que nous faisons au Parlement. C’est ce que nous faisons avec les partenaires sociaux. Plus les choses sont difficiles, plus nous devons chercher à fédérer les français dans un effort collectif.

 

Le Projet de loi de financement de la sécurité sociale

 

Nous ne sommes pas le gouvernement de l’impôt, nous sommes le gouvernement de la réforme. Tout ce que nous faisons depuis 18 mois vise à rénover les grands systèmes de la République. Le projet de loi de financement de la sécurité sociale, que nous allons voter cet après-midi, en est une nouvelle illustration. Là où nos prédécesseurs ont fait exploser la dette sociale, nous réduisons le déficit de la sécurité sociale par une gestion rigoureuse des dépenses. Là où la droite déremboursait et taxait à tour de bras (40 taxes en 5 ans), nous privilégions la réforme des trois branches : organisation du système de santé, retraites, politique familiale. Cette ligne de conduite, mieux gérer pour mieux protéger, ne changera pas.

Enfin, dans ces affaires, je veux dénoncer l’attitude de la droite qui souffle sur toutes les braises et qui veut nous faire porter la responsabilité de ses propres turpitudes. C’est le gouvernement Fillon qui a porté la fiscalité sur les produits d’épargne à 15,5%. C’est la majorité de droite qui a institué la taxe poids lourds. Aujourd’hui, tout le monde se renie : messieurs Borloo, Copé, Lemaire, Juppé, Fillon et mesdames Pécresse, Kosciusko-Morizet. Si l’on devait taxer les poids lourds du mensonge, l’UMP et l’UDI rempliraient bien les caisses de l’Etat.

 

Les attaques racistes contre Christiane Taubira
Je voudrai aussi dire un mot concernant les attaques racistes contre Christiane Taubira, la Garde des Sceaux. La multiplication d’insultes racistes contre la garde des Sceaux, venant d’élus du Front national ou de militants hostiles au mariage pour tous, sont une honte pour la démocratie et ne doivent pas rester impunis

Que ces injures aient pu être proférés par des enfants manipulés par leurs parents est une circonstance aggravante. Ceux là mêmes qui prétendent défendre les valeurs familiales transmettent à leurs enfants le virus de la haine et de la discrimination. A aucun moment, Mme Le Pen ou ses proches n’ont pris la peine de condamner ces actes. C’est la preuve que son opération de banalisation est de la poudre aux yeux. Le racisme reste au cœur de l’identité du Front national et de l’extrême droite.