10/15/2013

Conférence de presse à l’Assemblée nationale

Au cours de ma conférence de presse à l’Assemblée nationale, j’ai parlé du budget 2014, de la réforme des retraites, de la future loi sur la dépendance et de la cantonales partielle de Brignoles.

 Le budget 2014

L’embellie de la situation économique est la meilleure publicité pour la politique de redressement que la gauche a mise en œuvre. En moins de deux ans, à peine, nous avons desserré le carcan de l’austérité et remis la France sur les rails de la croissance. Dans le concert actuel de dénigrement, c’est le meilleur motif de confiance pour les Français qui ont voté François Hollande. Nous avons fait mentir les croque-morts du déclin qui nous prédisent la catastrophe chaque matin. La reprise est là et dès 2014, les Français en verront la couleur dès 2014. C’est l’objet du projet de budget dont nous commençons l’examen.

L’amélioration va s’opérer sur l’emploi et l’investissement. Tous les instruments mis en place l’année dernière donner aux entreprises les armes pour reconquérir le terrain perdu. Cet effort national pour les entreprises, nous le revendiquons et l’assumons. Il n’est pas destiné à faire plaisir à M. Gattaz mais à muscler l’investissement des entreprises qui est depuis 30 ans le maillon faible de notre économie. Les Français en seront payés de retour avec la décrue du chômage et la reprise de l’embauche.

L’autre amélioration pour les Français concernera le pouvoir d’achat. Il y a unanimité entre le gouvernement et sa majorité pour considérer que la hausse des prélèvements nécessaire au rétablissement de la situation financière doit s’arrêter.

 

  • Premier acquis : la réduction des déficits se fera exclusivement par la réduction des dépenses de l’État et des collectivités.
  • Deuxième acquis : le cumul de toutes les mesures génératrices d’emploi et de pouvoir d’achat compenseront la hausse de TVA et de cotisations retraite.
  • Troisième acquis : l’abrogation des mesures injustes, léguées par la droite, qui faisaient rentrer des Français  dans l’impôt sans que leur revenu ait augmenté. La réindexation du barème de l’impôt, l’augmentation du revenu fiscal de référence, le maintien de la défiscalisation des frais de scolarité, la baisse de la TVA sur la rénovation thermique, permettront de réparer cette inégalité et de rendre 1,5 Md de pouvoir d’achat à ces familles modestes.

Quant à la question de la TVA sur les transports est légitime, elle est posée, mais nous savons qu’elle coûte cher et il faudra trouver des financements.

Sérieux financier, compétitivité industrielle, soutien au pouvoir d’achat, réparation des inégalités, programmes d’investissement. C’est le quinté gagnant d’une politique de gauche.

La réforme des retraites

Ce quinté gagnant, on le retrouve dans la réforme des retraites : sauvegarde du régime par répartition ; rétablissement d’un équilibre financier durable ; effort équitablement partagé entre tous ; réparation des inégalités structurelles ; dialogue avec les partenaires sociaux et le Parlement. C’est l’illustration du nouveau modèle français que nous défendons : changer sans se renier, réformer ce qui ne fonctionne plus en s’appuyant sur les principes fondateurs de la République, l’égalité et la justice.

Cette réforme, elle va changer la vie concrètement :

 

  • Changer la vie des ouvriers, avec la reconnaissance de la pénibilité
  • Changer la vie des jeunes,  avec la prise en compte de l’apprentissage dans le calcul des retraites
  • Changer la vie des femmes, avec la reconnaissance des carrières fractionnées.

Tous ceux qui nous promettaient l’enfer des manifestations, l’agrégation des oppositions, le blocage du Parlement, en ont été pour leurs frais. Jamais une réforme des retraites n’a été aussi calme et maîtrisée. Il n’y a eu ni effervescence dans la rue, ni bataille de tranchées dans l’hémicycle. L’extrême droite a été comme d’habitude aux abonnés absents. L’UMP a donné son habituel spectacle d’un parti sans troupes dans l’hémicycle. Et l’opposition de gauche a pu constater qu’elle n’avait pas trouvé d’écho chez les Français.

Ce calme, nous le devons au Premier ministre et à la ministre des Affaires sociales qui tout au long du processus ont su allier la fermeté des principes et l’ouverture à des améliorations venant aussi bien des partenaires sociaux que des députés. Je veux également rendre hommage à notre rapporteur Michel Issindou dont la pondération a largement contribué à la qualité des débats.

Quant au groupe socialiste, il a été à la fois très présent et solidaire. L’incident qui s’est produit sur un amendement de suppression de l’article 4 relevait d’une simple erreur technique sans aucune signification politique et nous le confirmerons cet après midi en faisant bloc dans notre vote.

La loi dépendance

Ce soutien va au-delà du simple fait majoritaire. Il s’enracine dans la conviction que la solidarité est une des réponses au durcissement et aux tentations extrémistes d’une partie de la société française. Cette réforme est un premier pas. Elle sera suivie d’un deuxième, l’année prochaine, avec la loi de programmation sur l’adaptation de la société au vieillissement.

Là encore, nous relevons un défi considérable qui avait fait reculer le précédent gouvernement : assurer une prise en charge pérenne et solidaire de la dépendance. On se souvient que le gouvernement Jospin avait créé l’allocation pour l’autonomie mais il est vrai que dispositif ne suffit plus à faire face à la révolution de l’âge et à ses conséquences pour les structures familiales. Cette loi de programmation qui sera bien évidemment négociée avec les partenaires sociaux et sera le complément de la réforme des retraites qui permettra formera la nouvelle alliance des générations que nous voulons mettre en œuvre.

Et le Premier ministre l’a dit devant le groupe, ce n’est pas seulement le maintien de l’aide financière concernant le maintien a domicile, c’est aussi l’adaptation au logement, au transport, l’accès aux services publics, le lien social et la première étape verra le jour avec une loi qui sera déposée au printemps prochain.

Les leçons de Brignoles

Je pense que le Premier ministre a eu raison de rappeler que Brignoles, ce n’est pas la France.

Le canton avait déjà connu l’élection d’un Front National et son candidat n’a progressé que de 4 points entre les deux tours. C’est la preuve que la montée de l’extrême-droite est résistible et que contrairement à ce que clame Mme Le Pen, le désistement républicain n’est pas mort et reste une arme encore efficace contre son parti. Et c’est parce que les électeurs de gauche ont répondu à notre appel à la mobilisation que la participation a augmenté et que la candidate de l’UMP a gagné 26 point au deuxième tour.

Le front républicain, pour nous, reste le plus mauvais des systèmes à l’exception de tous les autres, et ceux qui décrètent sa mort sont ceux là même qui veulent banaliser le Front National et en faire un parti comme les autres.

On en le répètera pas assez, les dirigeants de l’UMP sont les premiers responsables de cette situation. Ce sont eux qui ont donné une respectabilité à Mme Le Pen en décalquant ses idées. Ce sont eux qui ont dégouté les électeurs de gauche en mettant le parti socialiste et le FN sur le même plan. Ce sont eux qui ont jeté les électeurs de droite dans les bras du FN en menant campagne contre la gauche et jamais contre l’extrême droite. Ce sont eux qui ont précipité la défaite de leur candidate en refusant d’aller la soutenir.

La gauche ne fera jamais cette politique du pire. Nous serons unitaires pour deux et continueront de faire partout le choix du candidat républicain contre le FN. Il faudra que l’on soit de plus en plus persuasif compte tenu de l’attitude de la droite. Cette stratégie ne peut évidemment suffire. Le combat républicain doit se livrer dans tous les domaines, l’économie, le social, la sécurité, le patriotisme, le civisme, la solidarité. La bataille du redressement et la bataille contre le Front national sont une seule et même politique.

La proposition de loi sur la prostitution

Bruno Le Roux a déposé le texte, qui est un accord entre le groupe et le gouvernement et une commission spéciale va très bientôt se réunir, où siègeront les députés représentatifs de toutes les commissions. Cette proposition de loi sera débattue en séance publique lors de la semaine  du 25 novembre.