10/01/2013

CONFERENCE DE PRESSE A L’ASSEMBLEE NATIONALE

Au cours de ma conférence de presse à l’Assemblée nationale j’ai parlé, entre autres, du travail dominical, de la réforme des retraites et du déplacement du Président de la République à Florange.

 

La session ordinaire du Parlement sera tout sauf un exercice ordinaire. En moins de 3 mois, nous allons boucler la réforme des retraites que tout le monde jugeait impossible. Nous allons adopter un budget de combat qui va booster la reprise et poursuivre l’assainissement financier. Nous allons mener à bien la fin du cumul des mandats, rénover l’audiovisuel public, accélérer le rétablissement de la sécurité sociale sans pénaliser les usagers.

 

Oui ça change. Nous voyons des améliorations dans beaucoup de domaines : croissance, compétitivité, investissements, pouvoir d’achat, commerce extérieur. Cette politique est une politique de réformes hardies, et nous la poursuivons parce que c’est celle qui remet la France sur les rails.

Notre problème, c’est notre faculté de gâcher cette réussite dans nos débats qui sont quelques fois confus et brouillent la cohérence de notre action.

Je souhaite ici dire qu’il n’y a pas deux lignes au gouvernement vis-à-vis des populations Roms. Il n’y en a qu’une seule, celle qui a été établie par la circulaire du Premier ministre et qui affiche la même fermeté sur le démantèlement des campements illégaux et sur la volonté d’intégration.
Il n’y a pas deux lignes sur la politique budgétaire. Il n’y en a qu’une seule, celle que le Président a défendue pendant et après son élection et qui vise à restaurer l’investissement et la compétitivité de notre appareil productif.
Il n’y a pas deux lignes sur la fiscalité. Il n’y en a qu’une seule, celle qui consiste à infléchir la courbe des impôts afin de préserver le pouvoir d’achat des classes populaires et des classes moyennes.

Le masochisme n’est pas une méthode de gouvernement. Assumons ce que nous faisons, revendiquons nos résultats. L’exercice de l’Etat exige la solidarité et la cohésion de tous ceux qui en exercent les responsabilités, au gouvernement comme au Parlement. Réformer le pays en temps de crise est déjà suffisamment difficile pour ne pas se compliquer la vie et celle des Français par une expression désordonnée.

Tout ce que je vais dire ce matin sera donc conforme à la ligne de notre groupe !

 

Le travail dominical

Notre position n’a pas changé. Nous continuons de défendre sans état d’âme le droit au repos dominical. Lorsque nous avons combattu la loi Sarkozy de 2009, nous avions averti qu’elle était une machine à fabriquer des impasses, et qu’elle allait mettre une grosse pagaille tant elle était complexe, contradictoire et mal conçue. Le résultat est là : du contentieux et de l’incompréhension.

Ce bricolage du dimanche, ça suffit ! Il faut donc rétablir des principes simples et compréhensibles par tous.

  • Le repos dominical restera la règle. Parce que nous ne voulons pas réduire la France à un supermarché qui oublie toutes les autres sociabilités. Parce que c’est notre droit social le plus ancien et le plus fédérateur. Parce que la généralisation du travail le dimanche est un miroir aux alouettes sur le plan économique qui transfère l’activité commerciale de la semaine vers le week-end.
  • La priorité n’est pas de faire travailler tout le temps, c’est de donner du travail à tout le monde. Puisque nous aimons tant prendre des exemples à l’étranger, on voit bien qu’en Allemagne ou en Scandinavie la limitation des ouvertures de magasins le soir et le dimanche n’est en aucun cas un frein au dynamisme économique et commercial.

Je vais donc laisser à la députée de l’Essonne, qui viens d’affirmer que l’on perd 10 000 emplois si les magasins n’ouvrent pas le soir et le dimanche, ses emplois fictifs du dimanche.

  • Il faut revoir et clarifier le champ des dérogations. Celles-ci doivent reposer sur la concertation, la justice et la cohérence. La concertation, c’est le gage que les intérêts de la grande distribution n’écraseront pas tous les autres, commerçants, artisans et salariés. La justice, c’est de donner aux salariés astreints au travail le dimanche (hors des services publics) les mêmes avantages en termes de salaires et de repos compensateurs. La cohérence, c’est de clarifier et de simplifier la carte des ouvertures autorisées. Il est totalement absurde que des entreprises d’un même secteur, comme le bricolage, soient soumises à des régimes différents.

La mission confiée à Jean-Paul Bailly par le Premier ministre va permettre cette salutaire remise à plat.

 

Le budget 2014

Il y a consensus entre le gouvernement et le groupe socialiste sur les grands équilibres de cette loi de finances. Le seul débat porte sur le calibrage des mesures de soutien au pouvoir d’achat. Sur la foi des travaux du rapporteur Christian Eckert, notre président Bruno Le Roux considère que la baisse prévue de 0,5% du taux réduit de TVA sur les produits alimentaires, de 5,5% à 5%, n’aura pas d’impact sur le pouvoir d’achat. Le gain sur un produit de base comme les pâtes serait d’un centime avec le risque qu’il ne soit ni perçu par les consommateurs ni répercuté par les distributeurs.

Plutôt qu’une mesure de saupoudrage que personne ne percevra concrètement, la proposition du groupe est de concentrer le produit de cette mesure sur les ménages modestes soit en revalorisant la prime pour l’emploi, soit en rétablissant la demi-part pour les veuves supprimée par le précédent gouvernement. Ce sera plus juste sur le plan social et plus efficace sur le plan économique. Les ministres en charge de l’économie et du budget ont semblé ouverts à ces propositions. Nous avons encore quelques jours pour en discuter (le projet de loi de finances sera examiné en séance à partir du 15 octobre à l’Assemblée nationale).

 

La réforme des retraites

Nous sommes dans le même exercice concernant la réforme des retraites. Ses grands équilibres correspondent à nos attentes. Notre travail d’amendements vise pour l’essentiel à renforcer les dispositifs de résorption des inégalités.

Cela concerne d’abord les jeunes. Le gouvernement se montre ouvert à la prise en compte des stages dans le calcul des trimestres ouvrant droit à pension. Cela touche également les femmes avec notre souhait d’abaisser la décote pour toutes celles qui ont connu des carrières fractionnées. Quant à la droite, une nouvelle fois, elle propose de tout faire porter sur les salariés en reportant l’âge légal de la retraite à 65 ans, et même à 70 ans ! La droite est devenue ultralibérale, comme le montre, par exemple, le contre budget qu’elle présente et qui prévoit un véritable démantèlement des services publics. Où va-t-elle faire les économies qu’elle propose ? quels hôpitaux vont-ils fermer ? quelles écoles ? quels commissariats ? Cela, elle ne le dit pas. La droite est ultra conservatrice, ultra rėactionnaire, elle est devenue l’anti modèle français.

 

François Hollande à Florange

La visite du président de la République à Florange est un geste fort qui contraste avec les reniements et la désertion de son prédécesseur. C’est la ligne de conduite de François Hollande : ne jamais se dérober même quand ses choix sont incompris sur le moment. A Florange, il y a eu beaucoup de colère et de malentendus. Mais la parole du Président a été tenue : les emplois ont été sauvés, le site de production a été maintenu, un laboratoire public de recherche sur les aciers de l’avenir va être créé et cet après midi notre Assemblée va voter la loi qui oblige une entreprise à trouver un repreneur en cas de fermeture d’une unité de production.
C’est ça le message de Florange : on ne laisse personne sur le carreau ; on continue de défendre partout le travail et les travailleurs.