07/23/2013

CONFERENCE DE PRESSE A L’ASSEMBLEE NATIONALE

Au cours de ma conférence de presse à l’Assemblée nationale, j’ai parlé, entre autres, des évènements à Trappes, du projet de loi sur la décentralisation et les métropoles, du bilan de la session extraordinaire qui s’achève et du séminaire de travail entre les groupes parlementaires socialistes et le Premier ministre.

 

Les évènements à Trappes

Je souhaite tout d’abord revenir, et c’est important, sur les évènements de Trappes. Le ministre de l’intérieur et le gouvernement ont pris les mesures de fermeté qu’il fallait et nul ne peut leur imputer une quelconque défaillance comme on tenté de le faire la droite et l’extrême droite. Avec ce gouvernement, la loi de la République ne se négocie pas même lorsque ces lois ont été votées par l’ancienne majorité.
J’en profite pour répondre à Valérie Pécresse qui ce matin sur RTL accusait le gouvernement de laxisme. Je veux lui rappeler que toutes les lois qui sont aujourd’hui en vigueur concernant la politique pénale sont des lois qui ont été faites et votées par Nicolas Sarkozy. Donc, des lois qu’elle a soutenu.

Oui, les habitants de Trappes ont besoin de sécurité, de tranquillité, au même titre que les autres et ceux qui veulent relancer le débat sur l’interdiction du voile intégral ont tort.
D’abord, parce que la gauche n’a pas l’intention de transiger sur les droits des femmes et sur les principes de laïcité. Je pense que les français ont besoin de se retrouver sur ces valeurs communes.
Ensuite, c’est faire une nouvelle fois l’amalgame entre les musulmans et les intégristes. L’islam de France n’a rien a voir avec la burqa ni avec les casseurs. Il faut en finir avec l’instrumentalisation détestable de ce qui se passe dans les quartiers. Enfin, il faut en finir avec cette instrumentalisation systématique et détestable de ce qui se passe dans les quartiers.

Tout le week-end et encore hier et ce matin, les dirigeants de la droite et de l’extrême droite ont déversé le même torrent de boue : calomnies contre Manuel Valls et le gouvernement accusés d’un laxisme qui n’existe pas envers l’insécurité et le communautarisme, assimilation systématique de ces violences à l’islam, à l’immigration, à l’intégrisme. Au lieu de calmer le jeu, une fois encore, certains soufflent sur les braises. Je vais à nouveau citer Valérie Pécresse qui faisait l’amalgame ce matin sur RTL entre l’accident de Brétigny et les violences a Trappes. Je vais lui rafraîchir la mémoire, en 2005 lors des émeutes dans plusieurs villes de France, alors qu’elle était porte-parole de l’UMP, elle a jugé « normal » que l’UOIF utilise la fatwa pour appeler les jeunes au calme dans les banlieues. Qu’elle ne vienne donc pas nous parler, comme elle l’a fait ce matin, de la République qui recule parce que des propos comme ceux la n’ont pas arrangé la République, loin s’en faut.

L’UMP et le FN ont poussé le déshonneur jusqu’à propager de fausses informations concernant l’accident de Brétigny où les voyageurs auraient été pillés par des jeunes des quartiers voisins alors que tous les témoignages, que ce soit ceux des secouristes ou des voyageurs, ont dit le contraire. Colporter ce type de rumeur est extrêmement dangereux et Messieurs Copé, Estrosi, Ciotti, ou Mme Koscisusko Morizet devraient s’excuser auprès des français plutôt que de systématiquement remettre une couche de peur et de haine. Même l’UDI est contaminée après les propos infâmes de Gilles Bourdouleix député-maire UDI de Cholet. Nous atteignons les limites du débat démocratique et les limites du rôle de l’opposition dans une démocratie comme la notre. J’ai entendu le porte-parole de l’UDI dire qu’il en serait exclu. Nous attendons de voir, entre les paroles et la réalité, ce qu’il va être. Mais s’il y’avait une demande de levée de l’immunité parlementaire, après une décision de justice, nous y serions tout a fait favorables.

 

Le projet de loi sur la décentralisation

En ce qui concerne l’activité de l’Assemblée nationale qui ne faiblit pas, nous avons le vote cet après-midi sur le projet de loi concernant la décentralisation et la constitution des métropoles. Cette loi est une des réponses à cette fracture sociale et urbaine qui a mis le feu à Trappes, et les nouveaux pouvoirs que le texte va donner aux métropoles, en matière de logement, d’urbanisme, d’aménagement du territoire, va aider à faire disparaitre ces quartiers ghettos en assurant une plus grande mixité sociale entre villes centres et banlieues. Le travail du groupe socialiste a été extrêmement déterminant, il a permis de dépasser les intérêts divergents des collectivités et de concevoir une vision commune du développement territorial.

Je constate qu’une nouvelle fois la droite est aux abonnés absent, qu’elle est bloquée dans sa conception autoritaire, centralisatrice et qu’elle s’avère incapable de comprendre l’opportunité qu’offre cette loi pour rénover notre organisation administrative et notre organisation urbaine. Il faut bien reconnaitre que ces dix dernières années il n’ y a pas eu grand chose en la matière.

Cela pose aussi le débat pour les élections municipales à venir. D’un côté une gauche qui continue à transformer les villes et de l’autre les gardiens de musée comme Nathalie Kosciusko-Morizet, dont la seule idée est de systématiquement dire non à toute évolution.

 

La réforme de l’audiovisuel public

Un mot sur la réforme de l’audiovisuel public dont l’examen commence demain, avec une autre opposition de fond entre la gauche et la droite puisque l’une des premières décisions de Nicolas Sarkozy avait été de s’octroyer le pouvoir de nommer les présidents de chaines afin de s’assurer un contrôle politique sur l’information et même sur les programmes. Tout le monde sait qu’il ne s’en est pas privé. Il a même été quelque fois choisir les animateurs de certaines émissions. Cette tutelle est une anomalie démocratique. Nous estimons et nous prouvons que la presse est un contre pouvoir qui doit avoir une totale indépendance vis-à-vis du pouvoir politique. C’est ce que nous avons fait dans la pratique en laissant aux journalistes une totale liberté dans leur travail d’enquête comme nous l’avons vu par exemple dans l’affaire Cahuzac. C’est ce que nous avons fait dans la loi en protègent le secret de leurs sources. Et c’est ce que nous faisons aujourd’hui en rendant son pouvoir de nomination au CSA et en garantissant son indépendance par une majorité des 3/5ème au Parlement, ce qui nécessite un consensus avec l’opposition.

 

Les déclaration du Président de la commission d’enquête Cahuzac

Puisque j’évoquais l’affaire Cahuzac, juste un mot sur l’attitude partiale du Président de la Commission d’enquête qui a lancé des accusations sans preuves, sans fondements, contre le Président de la République et contre le ministre de l’économie. Pourtant, aucune audition, aucun témoignage n’est à ce jour venu étayer la thèse de M. de Courson. Son réquisitoire ne repose que sur l’assemblage et l’interprétation de bouts de phrases tronquées dont le rapporteur nous a d’ailleurs démontré avec intelligence sa futilité. Il est temps que M. de Courson, député de l’UDI, retrouve ses esprits.

 

La session extraordinaire

Malgré la chaleur, nous n’avons pas faibli dans notre ardeur réformatrice et en un mois de session extraordinaire, nous avons examiné 9 projets de loi dont 3 très importants :

  • La réforme des université, qui va profondément améliorer leur organisation et leur fonctionnement tout en doublant le nombre d’étudiants boursiers.
  • La légalisation de la recherche sur l’embryon, qui va permettre des avancées en matière de traitement thérapeutique des maladies incurables.
  • La régulation bancaire, qui est la première en Europe à protéger les dépôts des activités spéculatives et qui va apporter un peu plus de pouvoir d’achat à nos concitoyens en divisant par deux les commissions bancaires voir par quatre pour les ménages les plus fragiles.

D’autres textes marquant sont en cours d’examen. Je pense à la fin du cumul des mandats, à la transparence de la vie publique, dont nous allons rétablir l’équilibre après les gribouillages de la droite et des centristes au Sénat, et à la réforme du parquet qui va lui donner son indépendance et conforter celle de la justice.

La réunion des groupes socialistes de l’Assemblée et du Sénat avec le Premier ministre

Nous avons conscience qu’il y’ a beaucoup à faire et c’était d’ailleurs l’objet de notre réunion ce matin avec le Premier ministre et les groupes socialistes de l’Assemblée et du Sénat. Nous souhaitions avoir un échange qui porte a la fois sur l’état de l’opinion après un an d’action intensive, sur une meilleure compréhension de notre part du décalage qu’il peut exister entre ce que nous faisons ici et ce que vivent nos concitoyens, de ce qu’ils en attendent, de ce qu’ils en comprennent. Et puis c’est important de ne pas attendre 5 ans pour évaluer ce qui marche et ce qui ne marche pas dans notre politique comme dans notre expression collective, au regard des rendez-vous que nous allons rencontrer dans les mois a venir. Cet échange avec le Premier ministre a été riche et libre, il en ressort trois idées fortes:

D’abord, les trois grands problèmes que connait notre pays : le déclassement individuel et collectif, la désolidarisation de la société et la déresponsabilisation des corps intermédiaires et des citoyens. Nous en avons conscience mais nous savons aussi que les réformes que nous avons commencé à entreprendre sont difficiles et ne peuvent s’indexer sur un degré de popularité. Ce ne sont pas des réformes pour la réforme que nous faisons mais bien la volonté de poser les bases du redressement de la France en profondeur. Il faut l’expliquer et expliquer aussi que nous nous inscrivons dans un temps long.

Ensuite, le point de faiblesse de notre action est sans doute dû au fait que nous n’avons pas pu ou pas su construire une dynamique fédératrice autour de cette politique de redressement. Les français en reconnaissent sans doute le courage et la nécessité, mais nous n’avons pas réussi à créer cet élan collectif qui aurait permis de surmonter les difficultés et les blocages. Ce compromis national reste l’enjeu des mois et des réformes a venir, avec notamment le budget, les retraites, la transition écologique. Ce ne sont pas les sujets qui manquent et nous aurons l’occasion d’en reparler notamment au moment des journées parlementaires fin septembre.

Enfin, chaque fois que la majorité fait bloc elle fait avancer le changement. Chaque fois qu’elle se divise elle alimente le scepticisme. Et donc face à une droite et une extrême droite qui se nourrissent de la psychose, du dénigrement et qui poussent chaque jour plus loin la collaboration des idées, nous nous devons d’incarner la combativité, seul moyen de redonner à nos concitoyens le goût du progrès et de la fierté de la France. Il n’ y a pas, au fond, de politique alternative proposée en notre sein mais plutôt des débats sur des points d’équilibres et c’est en ce sens qu’un certain nombre de parlementaires ont pu se faire entendre ce matin.