07/01/2014

Conférence de presse à l’Assemblée nationale

conf presse 1 juillet 2014 2Ce matin, j’ai tenu la conférence de presse du Groupe socialiste à l’issue de la réunion du groupe :

D’abord une information pour vous annoncer la reconduite de Bruno Le Roux et des instances du groupe. Il n’y avait pas de candidatures alternatives. Il a donc fait l’unanimité et s’est engagé à demeurer un Président au service de tous les députés de notre groupe, sans exception.

 

 

L’actualité de cette semaine nous fournit quelques illustrations du bien fondé de jouer collectif.

D’abord la brillante qualification de l’équipe de France pour les ¼ de finale de la Coupe du monde qui réjouit tous les français, même ceux qui n’aiment pas le foot, car c’est toujours réjouissant de voir les français heureux, d’autant que c’est rare.

Et s’il y a une leçon qui devrait inspirer notre vie politique et sociale, c’est la victoire du jeu collectif sur l’individualisme, de l’esprit offensif sur le calcul boutiquier.

Alors, première illustration, le débat budgétaire.

Avec le pacte de responsabilité, le Président et le gouvernement ont fait le pari de l’intelligence collective : forger un compromis national sur une stratégie audacieuse de reconquête économique : effort massif de compétitivité, baisse des impôts, plan d’économies.

La réponse des dirigeants patronaux ce week-end est consternante d’égoïsme. Là où on espérait des capitaines d’industrie qui donnent l’exemple de l’esprit d’initiative, on a droit à des jérémiades de rentiers oublieux de tout ce que la Nation fait pour aider ses entreprises. En deux exercices budgétaires, le coût du travail a été abaissé de 40 milliards (CICE, baisse des cotisations patronales sur le SMIC, réduction d’imposition), les contraintes réglementaires ont été allégées, les réformes du marché du travail et de la formation professionnelle ont été menées à bien. On peut sans doute faire mieux. Encore faut-il que les entreprises renvoient l’ascenseur en matière d’emploi, d’investissement, ou de modération salariale pour leurs dirigeants, des engagements de M. Gattaz qui tardent à se concrétiser. De la même manière, il est hors de question que nous revenions sur les améliorations que la majorité vient de voter sur l’encadrement des stages ou le compte pénibilité. La solidarité, ça marche dans les deux sens.

Cette remarque vaut évidemment pour nous. Le vote des lois de finances rectificatives est doublement important. Politiquement il détermine l’appartenance à la majorité. Economiquement il engage l’avenir de notre politique de redressement.

C’est pourquoi vous me permettrez pour une fois de répondre préventivement aux questions que vous vous posez.

Est-ce qu’il y aura une majorité ? La réponse est oui. Elle sera nette et sans ambiguïté. Une écrasante majorité du groupe soutient les orientations du gouvernement et l’exprimera fortement comme elle l’a fait pendant le débat en faisant respecter les décisions que nous avons prises. Dans une démocratie, une minorité ne peut pas se substituer à une majorité.

Est-ce qu’il y aura des défections ? Je pense que oui, si j’en crois certaines déclarations, mais j’ai la conviction qu’elles resteront marginales. Beaucoup de ceux qui s’interrogent sur ce budget refusent la logique jusqu’au boutiste et veulent préserver l’unité du groupe.

Est-ce-qu’ il y aura prolongation pendant le PLFSS ? Sans doute quelques-uns le souhaitent-ils mais ils doivent percevoir le ras-le-bol de leurs collègues qui n’acceptent plus d’être les otages d’activistes médiatiques. Marquer contre son camp, ça peut arriver à tout le monde. En faire un acte à répétition, ça ne peut rester sans conséquence.   

 

Deuxième illustration, la réforme territoriale

La nécessité d’aller de l’avant, c’est aussi la réforme territoriale. Là encore le gouvernement a fait le choix de l’audace en présentant une réorganisation complète du mille-feuille territorial. Là encore on pouvait espérer  que la communauté nationale saurait dépasser ses clivages.

Mais comme d’habitude, l’opposition n’est pas au rendez-vous. Sa stratégie d’obstruction au Sénat est une véritable caricature de tout ce que le pays ne supporte plus : la tambouille, le clientélisme, l’incapacité de voir plus loin que le bout de son nez.  La droite combat une réforme que tous ses dirigeants affirment indispensable. On reste confondu par autant de lâcheté et de démagogie.

La tentative de blocage a échoué. Le Conseil Constitutionnel vient de donner son feu vert et les débats peuvent reprendre puisque l’étude d’impact est déclarée valide.


Enfin un dernier mot sur l’audition de Jacques Toubon par la Commission des lois mercredi prochain concernant sa nomination comme défenseur des droits.

La République n’est pas la propriété des socialistes ni celle de l’UMP. Il est donc sein que le Président de la République veille à ce que l’ensemble des familles politiques soient représentées au sein des institutions.

Mais Jacques Toubon n’est pas notre candidat préféré pour défendre les droits des autres.

Nous n’aurons pas le résultat du vote demain car il faudra attendre celui du Sénat pour rendre public les suffrages des deux commissions.