02/11/2014

Conférence de presse à l’Assemblée nationale

Conférence de presse Annick LepetitAu cours de ma conférence de presse à l’Assemblée nationale, j’ai parlé, entre autres, du pacte de responsabilité, de la loi sur la formation professionnelle et de la polémique lancée par Jean-François Copé sur les livres pédagogiques.

 

Le pacte de responsabilité et le Medef

 

Je souhaite tout d’abord revenir sur la vraie fausse conférence de presse du président du MEDEF, Pierre Gattaz, à Washington. Faut-il lui rappeler que la tradition républicaine veut qu’on ne critique pas la politique de son pays sur un territoire étranger, a fortiori quand on est l’invité du président de la République ?

Sans doute, faut-il rappeler aussi à Pierre Gattaz que c’est lui qui arbore à la boutonnière depuis 6 mois le pin’s « 1 M d’emplois », le résultat selon lui d’une baisse des charges pesant sur les entreprises. Tenir sa parole est une obligation qui ne concerne pas que les responsables politiques. Elle vaut aussi pour un dirigeant patronal. D’ailleurs, beaucoup d’entre eux jouent le jeu. Nous le savons dans nos circonscriptions où les entreprises souhaitent investir, innover et nous devons encourager ceux qui sont positifs.

Ce serait mieux que le président du Medef apprenne la constance et arrête sa danse de Saint-Guy. C’est l’intérêt du pays qui est en jeu et il faut des responsabilités de part et d’autre.

Les contreparties ne sont pas une contrainte. Elles sont le retour naturel de l’effort sans précédent que consentent les Français pour leurs entreprises. Il est légitime qu’ils attendent des retombées en matière d’emplois, d’investissements, de relocalisation des activités ou de dialogue social.

Ce pacte ne sera donc pas à sens unique, il sera un compromis de grande envergure. La décision ne viendra pas d’en haut, elle sera négociée par les partenaires sociaux avec le souci de coller au plus près de la réalité du terrain. Preuve que le dialogue social est devenu une bonne habitude sous ce gouvernement, tous ont répondu positivement.

Quant à la réduction des dépenses, elle ne sera pas un plan d’austérité. Jean-Marc Ayrault a justement rappelé que la droite avait augmenté de 4 points la dépense publique lors du précédent quinquennat sans améliorer en quoique ce soit la situation économique et les services publics de notre public. L’objectif du gouvernement est de réussir l’inverse : faire mieux avec moins. De conforter notre modèle social en l’allégeant de ses dépenses improductives et de ses structures inutiles. Le conseil stratégique de la dépense avance à bon train et l’ensemble du pacte devrait être bouclé dans les deux mois à venir.

Deux mots résument le message du Premier ministre : assumer et revendiquer. La gauche n’a aucune raison de se mortifier. Depuis deux ans, elle remet l’économie du pays sur les rails et réalise des réformes sociales qui resteront durablement. La réforme de la formation professionnelle que nous avons votée vendredi en est un symbole.

 

La loi sur la formation professionnelle

Pour la première fois dans notre pays, le vieux rêve d’une sécurité sociale professionnelle est en train de devenir réalité. Le socle en a été posé par la loi sur la sécurisation de l’emploi, négociée par les partenaires sociaux et qui a établi le principe de droits portables d’une entreprise à une autre en matière de santé et de formation. La réforme de la formation professionnelle concrétise ce droit en créant pour chaque salarié un compte personnel de formation qu’il pourra utiliser tout au long de sa carrière.

C’est une avancée considérable. Les travailleurs auront désormais à leur disposition un puissant outil de promotion et de mobilité sociale. Chaque fois qu’ils voudront progresser, ils pourront acquérir les qualifications. Chaque fois qu’ils se trouveront confrontés au chômage, ils auront une possibilité de se reconvertir.

Les entreprises y trouvent également leur intérêt avec la capacité d’adapter leurs salariés aux évolutions technologiques. C’est tout l’esprit du compromis social que nous défendons depuis deux ans : négocier la modernisation. C’est aussi cela les contreparties demandées aux entreprises.

 

La loi artisanat

Le projet de loi sur l’artisanat, le commerce et les très petites entreprises est aussi une réforme importante, d’autant plus qu’elle simplifie et améliore l’activité de centaines de milliers de commerçants d’artisans, d’auto-entrepreneurs qui contribuent au dynamisme économique du pays. L’une des mesures les plus attendues de cette loi est la modération des loyers commerciaux.

 

Le vote suisse sur l’immigration

Le résultat est une déception et une inquiétude. Il y a dans toute l’Europe une tentation du repli qui va à rebours de son projet fondateur. On n’y répondra pas en jetant la pierre aux Suisses. Tous les pays à forte tradition d’accueil, la Suisse (30% de sa population est d’origine étrangère), la Scandinavie ou la France font face aux mêmes questions.

Ce qui pose problème, c’est que le projet européen se limite aujourd’hui  à un grand marché ouvert et néglige les questions essentielles de l’intégration, du vivre ensemble, de ce qui forge un destin commun de nos pays.

C’est d’ailleurs tout le sens de la réforme de la politique d’intégration envisagée par le gouvernement de JM Ayrault : reconstruire un sentiment d’appartenance, forger de nouveaux outils qui permettent d’assimiler des populations différentes dans le même creuset. C’est le projet républicain. Il serait bon que l’Europe s’en empare !

 

La polémique sur les livres pédagogiques

Je terminerai par la polémique lancée par le Président de l’UMP, JeanFrançois Copé, concernant les livres pédagogiques. J’y vois la collusion entre l’UMP et les extrémistes du Printemps français qui entraine l’opposition dans une sévère régression. Ce week-end, les uns et les autres se sont livrés à un exercice que l’on croyait impossible au pays de Voltaire et Victor Hugo : l’autodafé verbal.

C’est M. Copé qui se ridiculise en accusant un ouvrage paru en 2011, à très peu d’exemplaires, de pervertir les élèves alors que l’écrasante majorité des élèves n’ont jamais entendu parler de ce livre.

C’est aussi l’appel des dirigeants du Printemps français au retrait de livres sur l’homosexualité des bibliothèques municipales et leurs menaces de représailles envers les maires qui n’obtempèrent pas. A quand les gardiens de la foi et de la vertu aux portes de nos écoles et de nos bibliothèques ?

Il ne faut pas se tromper. Derrière ce bourrage de crânes, il y a la volonté de déstabiliser l’école publique et de saper son enseignement égalitaire. C’est un défi pour tous les Républicains. Nous devons mettre à l’abri l’école et nos enfants de ces polémiques qui finalement aboutissent à la haine des uns et des autres. Ce n’est pas digne d’un parti républicain comme l’UMP. Je regrette d’être toutes les semaines obligée de parler de l’UMP parce que nous entendons ses dirigeants et principalement son Président remettre systématiquement de l’huile sur le feu pour faire diversion sur de faux sujets et attiser la peur.