06/23/2015

Conférence de presse

IMG-20150623-00524Lors du point presse je suis d’abord intervenue sur la situation de la Grèce qui concerne le sort de l’Europe et celui de notre monnaie unique. J’ai ensuite abordé l’actualité parlementaire avec le retour à l’Assemblée cette semaine, de la loi Renseignement et de la loi sur le Droit d’asile.

La Grèce

C’est le sort de la Grèce qui se joue en ce moment mais avec lui, le sort de l’Europe et le sort de notre monnaie, l’euro. Les députés du groupe sont attentifs à ce qui se déroule en ce moment à Bruxelles et pensent que nous sommes sur la voie d’une sortie de crise.

 

D’un côté, la sortie de la Grèce de la zone euro ne résoudrait aucun des problèmes du peuple grec et plongerait même le pays dans un abyme de récession. De l’autre, la sortie de la Grèce de la zone euro ne résoudrait aucun des problèmes de l’Europe mais l’affaiblirait d’une manière inédite. Le sens de la marche, c’est le progrès, le renforcement de l’Europe, pas le dépècement. Un accord doit être trouvé pour permettre à la Grèce d’honorer ses prochaines échéances et remettre l’Europe toute entière sur de bons rails.

 

La nécessité de trouver un accord ne relève pas d’une logique économique ou financière, mais j’insiste sur le fait que c’est une nécessité politique. L’Europe doit montrer qu’elle est capable d’avancer dans un esprit de solidarité et de responsabilité. L’Union européenne, ce n’est pas un mariage de circonstance où chacun vient y chercher ce qui l’intéresse sans s’engager plus au-delà. C’est une Union pérenne qui repose sur des volontés communes. La volonté de la France et du Président de la République, c’est que la Grèce reste dans l’Union et dans la zone euro.

 

Pour cela, le peuple grec doit être respecté, de l’oxygène doit lui être apporté et le carcan de l’austérité doit être desserré. Un plan durable de redressement des comptes publics grecs doit être adopté pour que ce sommet européen soit un succès.

 

Loi Renseignement

Nous arrivons à la fin de la navette parlementaire sur ce texte. Une Commission Mixte Paritaire eu lieu la semaine dernière pour rapprocher les points de vue des sénateurs et des députés. Je tiens à souligner que ce travail a été effectué dans un esprit de responsabilité, avec la volonté de part et d’autre de garder l’équilibre du texte. Les pouvoirs de la Commission nationale de contrôle des techniques de renseignement (CNCTR) ont d’ailleurs été renforcés.

 

Ce texte respecte et protège les libertés individuelles. Je veux que l’on sorte de cette opposition stérile entre liberté et sécurité. Renforcer les capacités d’action des Renseignements, ce n’est pas faire de la France un état policier ou instaurer je ne sais quelle surveillance généralisée de la population. C’est au contraire faire en sorte de protéger les libertés pour lesquelles les Français ont défilé le 11 janvier dernier.

 

Du point de vue du droit, toutes les garanties ont été apportées pour que les outils mis à la disposition des services de renseignements ne soient pas dévoyés. Des gardes-fous sont prévus pour chaque procédure de surveillance… et pour dissiper les derniers doutes, le Président de la République s’est engagé à saisir le Conseil Constitutionnel afin de vérifier la compatibilité de ce texte avec les règles de notre Etat de droit.

 

Le Droit d’asile

 

J’aimerais enfin vous parler de la réforme du droit d’asile dont l’examen en nouvelle lecture commence jeudi à l’Assemblée. Le Gouvernement a pris les mesures qu’il fallait, le plan d’urgence était indispensable : mettre en place des dispositifs d’accueil efficaces et faire preuve d’une grande fermeté contre l’immigration irrégulière.

 

Nous ne pouvons pas laisser le droit d’asile se détériorer : des files qui s’allongent, des délais toujours plus longs, des dossiers qui s’entassent avec derrière autant de situations humaines dramatiques. Depuis 2007, les conflits en Syrie, en Libye, plus récemment en Ukraine…ont provoqué une explosion du nombre de demandeurs d’asile face à laquelle il nous faut trouver une solution.

 

Cette solution passe d’abord par la solidarité au niveau européen. Il faut un accord européen sur leur répartition entre tous les Etats de l’Union. C’est le préalable de la nécessaire refondation de la politique migratoire de l’Europe qui aujourd’hui ne marche pas. Cette solution passe, au niveau national, par l’amélioration de l’accueil des demandeurs d’asile. C’est ce que prévoit notre réforme avec :

–       la garantie pour le demandeur d’asile de pouvoir être assisté par un avocat ou un représentant d’association dans ses démarches auprès de l’OFPRA.

 

–       Une amélioration de l’accueil avec l’instauration d’un hébergement directif. Le demandeur d’asile pourra être hébergé dans une autre région que celle où il a déposé sa demande, ceci afin de désengorger les centres d’accueil des régions parisiennes et lyonnaises et de loger chacun dans des conditions décentes.

Notre réforme vise ainsi à accélérer les procédures pour traiter plus rapidement les dossiers manifestement justifiés mais écarter aussi plus vite les demandes abusives.

 

Nous avons vu Nicolas Sarkozy traiter le drame des migrants avec le cynisme le plus abject pour chasser sur les terres du FN. Pour ceux qui auraient des doutes, non, il n’a pas changé et à force de courir derrière le FN, il va finir par marcher devant !

 

De la même manière M.Sarkozy piétine les principes républicains en remettant en cause le droit du sol dont il chantait pourtant les vertus il y a dix ans car c’est cette procédure qui lui a permis de devenir français. C’est la raison pour laquelle il sait très bien que le droit du sol n’a aucun effet sur les flux migratoires. A force de jouer avec le feu, cela va finir par lui exploser au nez.