05/27/2008

COMMUNIQUE D’ANNICK LEPETIT SUR LE RER A

Le président de la République s’est exprimé ce matin au sujet de la modernisation du RER A, en annonçant que la RATP contribuerait au financement d’un plan de modernisation à hauteur de 250M€.

En reportant la responsabilité des dysfonctionnements du RER A sur les collectivités franciliennes, Monsieur Sarkozy feint d’ignorer que l’Etat, responsable du syndicat des transports d’Ile-de-France (STIF) jusqu’en 2006, n’a pas su réaliser les investissements nécessaires pour prévenir la situation de saturation inacceptable que subissent aujourd’hui les voyageurs dont de nombreuses lignes sont saturées.

Sur le RER A, le STIF, la Ville de Paris et au-delà toutes les collectivités franciliennes concernées portent conjointement auprès de la RATP, la demande de généralisation des rames à 2 étages et se sont heurtés au refus de l’Etat de laisser la RATP prendre une part de l’effort financier indispensable.

Cette mobilisation a permis de débloquer la position peu conciliante de l’Etat. Pour sa part, le STIF a déjà prévu d’apporter, dans le cadre du contrat signé en février dernier avec la RATP, une contribution de 700M€ pour le financement des investissements RATP.

Depuis la décentralisation du STIF, en augmentant en deux ans de 60 % leur contribution financière à l’amélioration de l’offre en transports en commun, les collectivités franciliennes ont apporté un effort financier sans précédent. Au même moment, l’Etat s’est spectaculairement désengagé : depuis 2002 les budgets consacrés par l’Etat aux transports publics franciliens ont diminué de 48%.

Je me réjouis que l’Etat, actionnaire unique de la RATP, semble enfin s’intéresser aux difficultés rencontrées quotidiennement par les usagers des transports franciliens. Jusqu’alors, le président de la République avait purement et simplement écarté des conclusions du Grenelle de l’environnement, le financement des transports collectifs en Ile-de-France. Or, les besoins sont considérables et ne se limitent pas à la seule question du RER A : à titre d’exemple, d’autres lignes connaissent également une situation dramatique comme la ligne 13 du métro qui représente la moitié du trafic du RER A.

La question du financement des transports en commun, tout particulièrement en Ile-de-France, appelle une mobilisation exceptionnelle, sans arrière pensée politicienne, de tous les partenaires pour apporter des réponses rapides à nos concitoyens.