07/03/2010

COMMISSION D’ENQUETE WOERTH/BETTENCOURT : PARCE QU’ELLE LE VAUT BIEN !

L’affaire Woerth / Bettencourt n’est pas une « chasse à l’homme », comme veut le faire croire la droite pour éviter de répondre sur le fond. C’est une affaire grave qui soulève des questions importantes pour notre démocratie, et sous-jacentes depuis l’élection de Nicolas Sarkozy, sur l’éthique républicaine, sur l’indépendance de la justice et sur les liens entre le pouvoir politique et le pouvoir de l’argent.

Depuis deux semaines, la presse publie des révélations jour après jour. Depuis deux semaines, à l’Assemblée nationale, nous posons des questions précises aux hommes et aux femmes qui exercent des responsabilités à la tête de l’Etat: ministre du Budget, ministre de la Justice, ministre des Affaires sociales, Premier Ministre. Depuis deux semaines, ils refusent tous de répondre, se réfugiant derrière le dénie, la fausse indignation ou la diversion.
Il est pourtant légitime de s’interroger  sur la compatibilité entre la fonction de ministre du Budget et celle de trésorier d’un parti politique, l’UMP, cumul pratiqué dans aucun autre pays démocratique. Il est légitime de demander quels sont les liens financiers exacts entre Eric Woerth, aussi président de son association dans l’Oise, et la plus grosse fortune de France ?  S’il y a eu des échanges d’avantages entre le ministre du Budget et l’entourage de la milliardaire ? Pourquoi le conseiller fiscal de Mme Bettencourt, à l’origine de cette affaire n’a-t-il toujours pas été inquiété par la justice, alors que le majordome qui a enregistré les conversations a lui été immédiatement placé en garde à vue? Il est tout aussi légitime de poser la question sur la fonction exacte de Mme Woerth, qui a qualifié elle même sa situation de « conflit d’intérêt » ? Et puis quel rôle ont joué le procureur de Nanterre, proche de Nicolas Sarkozy et nommé à l’époque contre l’avis du Conseil Supérieur de la Magistrature, ainsi que le conseiller justice de l’Elysée, dans le classement sans suite de la plainte de la fille de Mme Bettencourt ? Et comment croire qu’un ministre du Budget ne soit pas tenu au courant lorsque la justice transmet à son ministère des informations concertant de possibles fraudes fiscales de la première fortune de France ? Et puis pourquoi celles-ci n’ont-elles pas débouché sur un contrôle fiscal ?

La Garde des Sceaux a voulu couper court ces questions en plaidant l’avenir de l’une des plus grandes entreprises française. Semblant ainsi faire écho à la pub de celle ci : L’Oréal le vaut bien!
Mais L’Oréal se porte plutôt bien. Ce n’est pas là le problème. Et quand bien même, il y a des lois, il y a des règles. Pour tous. Cela s’appelle la justice. C’est au gouvernement et au chef de l’État d’être les garants de ce droit fondamental, au nom de l’intérêt général.
Nous voulons connaître la verité et les raisons de ces dysfonctionnements. Parce que la démocratie le vaut bien!