04/06/2012

COMMENT NOUS FAIRE PRENDRE DES VESSIES POUR DES LANTERNES ?

La présentation du programme de Nicolas Sarkozy à deux semaines du 1er tour devait être un événement pour l’UMP, mais cela n’aura été qu’un flop supplémentaire. En à peine 15 minutes de présentation hésitante, le président sortant a préféré parler davantage du programme de François Hollande que du sien. Et pour cause !

A la lecture des 32 mesures qu’il présente enfin, le plus frappant est l’empilement de souhaits ou de voeux, sans autres explications et d’une faiblesse rare à ce niveau de responsabilité. Il s’agit soit de reprises annoncées en 2007 comme par exemple la création de 200 000 places de garde d’enfants ( proposition 28) sans expliquer pourquoi cela n’a pas été fait comme promis, ni pourquoi ce serait fait d’ici les 5 prochaines années. Soit de déclarations à l’emporte pièce du style « réduire de moitié l’immigration » (proposition 22) ou encore « réformer la justice des mineurs » (proposition 25) sans autres explications alors que depuis 2002, l’ordonnance de 1945 à été modifiée 11 fois sous l’impulsion de Nicolas Sarkozy. Tout ça pour ça…

De plus, le chiffrage de son programme contient des mensonges que même l’Institut de l’Entreprise (Think Tank proche du Medef) reconnaît. Les estimations sont irréalistes et qu’il y aura forcément des impôts cachés si il est réélu. Il manque donc quelques milliards d’euros dans les annonces du Président. Déjà, beaucoup ont été dépensé depuis 5 ans dans des mesures coûteuses pour l’Etat mais n’apportant rien au pays tels que le bouclier fiscal, la disparition de l’impôt sur la fortune ou encore la multiplication des taxes payées par tous.

Mais dans la campagne de Nicolas Sarkozy, quelque chose a disparu: son bilan. Ce dernier, pourtant est plus éclairant que son programme pour imaginer son second mandat. Nous pouvons nous attendre à une austérité d’autant plus renforcée qu’elle n’amènera pas la croissance. Il est le seul à croire que la France s’est mieux sortie de la crise que les autres pays. Pour cela, il invente des chiffres ou ne regarde que ceux qui lui plaisent. Mais il n’a jamais un mot pour le million de chômeurs supplémentaire depuis qu’il est entré à l’Elysée. Jamais un mot pour les services publics qu’il a laminé et les fonctionnaires qui tentent malgré tout de les faire fonctionner. Jamais un mot pour assumer sa part de responsabilité dans le doublement de la dette et le siphonnage des caisses de l’Etat. A la place, il cherche toujours à rejeter la faute sur les autres. Les étrangers, les demandeurs d’emplois ou les jeunes des banlieues sont en première ligne et accusé de tous les maux. Pourtant, un candidat à la présidentielle doit rassembler, pas diviser.

Pour remettre la France sur ses jambes, amener la croissance, les emplois, la justice et l’éthique qui disparaissent depuis 10 ans, il n’existe qu’un seul bulletin de vote, celui de François Hollande.