04/05/2007

COMITÉ DE SUIVI L13 : LETTRE À JEAN PAUL HUCHON

Monsieur le Président,

Par la présente, je souhaite porter à votre connaissance mes remarques, en tant que députée, sur le programme d’études relatives à la désaturation de la ligne 13 qui m’a été présenté lors du premier comité de suivi de la ligne 13, du 29 mars dernier.

Vous avez en effet bien voulu créer un comité de suivi de la ligne 13 rassemblant des élus parisiens et franciliens, nationaux et locaux et de toutes tendances politiques, ainsi que des associations d’usagers. Je mesure le pas qui a été franchi depuis le transfert du STIF à la présidence du Conseil régional d’Ile-de-France et votre volontarisme en matière de transports en commun, et notamment à propos de la ligne 13, longtemps ignorée des pouvoirs publics.

Toutefois, sur ce sujet, le chemin est encore long avant que les usagers perçoivent concrètement une amélioration significative des conditions de transports sur la ligne 13.

Le programme d’études ainsi exposé mentionne 3 volets, 3 axes d’études menés parallèlement sur lesquels je souhaiterais revenir.

Le premier volet de l’étude consiste à recenser les projets de développement urbain et à analyser les déplacements actuels et futurs sur le secteur d’étude (quart Nord-Ouest de la Petite Couronne, centré sur les communes desservies par la partie nord de la ligne 13). Je regrette que l’étude ne porte que sur les horizons 2015 et 2030. Je note ainsi qu’à partir de 2008 de nombreux projets de ZAC auront été réalisés à Saint-Ouen ou Clichy-la-Garenne qui vont avoir un impact important sur le flux des voyageurs de la ligne 13. Il me semble qu’un éclairage sur les perspectives urbaines et de déplacement à moyen terme, soit dès 2010 serait également indispensable pour définir des politiques de transport adaptées dans ces zones. Je pense ici au plan de renforcement de l’offre de bus sur le secteur qui doit être mis en œuvre par la RATP pour soulager la ligne 13 à cour terme.

Le deuxième volet de l’étude vise à définir les conditions techniques, de faisabilité financière et l’impact en termes de trafic de toutes les configurations possibles du débranchement de la ligne 13. Concernant ce deuxième axe, je suis au regret d’observer qu’à ce stade, l’hypothèse d’une météorisation de la ligne 13 est abandonnée ou du moins absente des objectifs du programme d’étude. Cette absence est d’autant plus surprenante que les représentants de la RATP nous ont confirmé qu’une météorisation pouvait être présentée comme la phase ultime du débranchement. Dans ces conditions, je comprends mal que l’hypothèse était été tout bonnement supprimée au seul motif d’un coût trop élevé (entre 1 205 et 1 505 millions d’euros) alors que d’autres alternatives toutes aussi onéreuses seront examinées malgré tout dans le troisième volet. J’ajouterai que si une étude sur la météorisation de la ligne 13, a bien été conduite sous l’égide du STIF, en 2004, l’Etat, exerçant alors sa tutelle sur le STIF, a pris seul la décision de ne pas approfondir cette hypothèse, pourtant plébiscitée par les acteurs locaux. En tout été de cause, le programme d’études actuel ne peut faire l’impasse sur l’option de la météorisation de la ligne 13 sans qu’elle n’ait été, surtout dans la perspective d’un débat public transparent, mise en regard avec toutes les hypothèses envisagées.

Cela fait l’objet d’un troisième volet centré sur les autres projets de lignes nouvelles (Arc Express, RER F…) ou de prolongement de lignes existantes (ligne 4) qui peuvent avoir un impact sur la charge de la ligne 13 et contribuer à sa désaturation. En conséquent, je pense que l’hypothèse de la météorisation devrait être intégrée dans ce troisième volet.

Enfin, je souhaiterais me faire l’écho des nombreuses inquiétudes de nos concitoyens concernant le respect des délais de réalisation des études et de travaux, d’une part, et d’autre part concernant l’absence de fonds de l’état pour le financement des travaux dans le contrat de projets Etat / Région 2007-2013. Ces derniers points appellent des engagements fermes, à la hauteur de l’attente des voyageurs parisiens et franciliens et des enjeux de développement sur cette partie nord de Paris et de la Petite Couronne.

Tels sont les éléments dont je tenais à vous faire part et qui, je le souhaite, seront pris en compte dans le programme d’études et lors de la prochaine réunion du comité de suivi de la ligne 13.

Je vous prie de croire, Monsieur le Président, en l’assurance de ma considération distinguée.

Annick Lepetit, Députée de la 17ème circonscription