02/07/2012

CE N’EST PAS LA GIROUETTE QUI TOURNE, C’EST LE VENT

La polémique à propos de la visite du Chef de l’Etat sur un chantier de construction de logements en Essonne le 2 février est symptomatique des déplacements présidentiels. Ce n’est pas la première fois que des renforts sont demandés pour qu’il y ait du monde autours de Nicolas Sarkozy. Là, il s’agissait de renforcer le nombre d’ouvriers présents en faisant appel à des effectifs supplémentaires travaillant sur d’autres chantiers. L’Élysée a démenti. Cela prête plutôt à sourire que ce soit vrai ou faux.

En revanche, ce qui n’a pas été dénoncé et qui est beaucoup plus grave, se sont les propos tenus par le Président de la République qui s’est livré à un véritable réquisitoire …contre sa propre politique sur le logement ! Cette fois-ci,  le cynisme et la mauvaise foi n’ont plus aucune limite.

Il a dit : « Ça fait trop d’années que le secteur est sous perfusion d’avantages fiscaux ou de subventions » et il ajoute en direction des promoteurs:  » Ne pensez pas qu’à coups de dispositifs Scellier, de prêts à taux zéro et de subventions dans tous les sens le système puisse continuer, ce n’est pas pensable. »
Pourtant la droite le pense et le fait depuis 10 ans.

En 2003, elle créé un dispositif fiscal, le De Robien,  pour subventionner l’achat de logements destinés à la location, ce qui aggrava directement l’augmentation des loyers. Sous le feu des critiques des députes de l’opposition dont je suis, le gouvernement remplace en 2008 ce dispositif par un autre appelé le Scellier qui ne changera rien au fond du problème. En 2011, le gouvernement développe le prêt à taux zéro, mais comme il  refuse d’instaurer des plafonds de ressources, l’essentiel des fonds profite surtout aux ménages qui n’en avaient pas le plus besoin. Parmi toutes les niches fiscales et les mesures gadgets où la droite a gaspillé des milliards d’euros, s’ajoute aussi le crédit d’impôt sur les intérêts d’emprunt. Il figurait en bonne place dans la loi phare de Nicolas Sarkozy, celle appelée « le paquet fiscal », votée dès l’été 2007.

Depuis 2002, pas moins de 7 lois ont été voté par cette majorité aggravant la crise du logement au lieu de la résoudre. Des milliards ont été ponctionné sur le budget de l’Etat pendant 10 ans en cadeaux fiscaux inefficaces pour quelques uns au dépend de notre dette et des millions de mal-logés.
A 3 mois de l’élection, le Président-candidat se rappelle qu’il y a un sérieux problème avec la pénurie de logements, la flambée des loyers et l’augmentation du prix du foncier.

Mais l’agitation de dernière minute ne fait pas une politique.