02/20/2011

AGIR POUR LE LOGEMENT

La diminution des crédits de l’Etat pour la construction de logement sociaux, et la création d’aides fiscales qui ne bénéficient qu’aux plus riches accentuent sans aucun doute la crise du logement. Le secrétaire d’Etat Benoît Apparu devrait le savoir puisqu’il en mesure aujourd’hui les conséquences. Pas une réunion avec les bailleurs ou les syndicats, pas une rencontre avec des associations ou des élus locaux sans que cela lui soit dit. Il peut toujours répondre que c’est la crise financière qui est la cause de tout et continuer à nier la responsabilité de sa majorité depuis bientôt 10 ans. Il n’empêche qu’une autre politique du logement est absolument nécessaire.

La France doit être capable d’assurer a chacun un logement décent, à un prix abordable en lien avec ses ressources. L’urgence est de réguler la flambée des loyers et du prix du m² qui pèse tant sur les budgets des ménages.

D’abord en construisant massivement des logements sociaux. Tout nouveau projet immobilier devra inclure 1/3 de logement social, ce qui favorisera également la mixité. La taxe sur les logements vacants doit être augmentée afin de pousser les propriétaires à les remettre sur le marché. Les dispositifs abusifs d’aide à l’investissement locatifs privé comme le Scellier, qui coûtent des milliards d’euros, devront s’accompagner d’une contrepartie sociale. Pour que les Prêts à Taux Zéro cessent de ne bénéficier qu’aux plus aisés, ils devront être limités aux foyers modestes et moyens, afin de relancer l’accession sociale à la propriété. Encadrer les loyers au moment de la relocation permettra également de réduire leur envolée sans limite.

Puisqu’à l’heure actuelle seul le gouvernement pourrait mettre en places ces mesures, ce qu’il refuse, c’est à la tête des collectivités locales que nous démontrons notre volonté d’agir pour le logement. Leur participation au financement du logement social a ainsi plus que doublé en 10 ans pour compenser le désengagement de l’Etat.

A Paris par exemple, pour 1 euro dépensé par l’Etat, la Mairie en dépense presque 4. Résultat, le taux de logement social est passé de 13 % à 17 % depuis 2001, soit plusieurs dizaines de milliers de familles logées décemment à des tarifs acceptables. Des dispositifs innovants comme le « Louer Solidaires » ont été créés. L’idée d’encadrer les loyers a été adoptée par le Conseil de Paris et Bertrand Delanoë l’a proposée par écrit au Premier Ministre. Toujours sans réponse.

Cette volonté politique se retrouve également à la Région puisqu’elle a décidé d’investir fortement dans le logement alors qu’elle n’en a pas la compétence obligatoire. Jean-Paul Huchon a proposé récemment de créer un Syndicat du Logement en Ile-de-France, comprenant la Ville de Paris, Paris Métropole, les Conseils Généraux et les bailleurs sociaux. Il permettra de faciliter le dialogue entre les différents acteurs, rassembler les financements et accélérer l’application de la loi SRU.

Pendant que le gouvernement pratique la politique de l’autruche face à une situation de plus en plus tendue, et toujours plus injuste, les socialistes agissent là où ils peuvent, c’est à dire dans les collectivités locales dont ils ont la charge, et proposent pour 2012.