07/07/2010

AFFAIRE WOERTH/BETTENCOURT : DES QUESTIONS TOUJOURS SANS RÉPONSES

Chaque jour apporte son lot de mauvaises nouvelles pour le gouvernement. Hier matin la presse révélait le témoignage de l’ancienne comptable de Madame Bettencourt sur un financement occulte, donc en liquide, de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy. L’après-midi, à l’occasion des questions d’actualité au gouvernement (une seule fois par semaine en session extraordinaire), cinq députés socialistes ont interrogé Eric Woerth, ex-ministre du Budget et toujours trésorier de l’UMP, sur les rebondissements spectaculaires de cette affaire.

Ni lui, ni ses collègues prenant la parole à sa place n’ont répondu aux questions légitimes posées par l’opposition. En revanche, les ministres ont accusé leurs interlocuteurs de faire monter le Front National. C’est avouer être à court d’arguments. Le soir Eric Woerth était sur le plateau du 20h de TF1 pour expliquer qu’il ne supportait plus ces calomnies, qu’il s’agissait d’une chasse à l’homme orchestrée par les socialistes. C’était pathétique !Le choix de l’enfermement dans la victimisation n’est assurément pas le meilleur. Apporter des réponses précises aux nombreuses questions soulevées depuis le début de cette affaire (pas seulement par les socialistes !), accepter enfin la création d’une commission d’enquête parlementaire sont, par exemple, plus propice à calmer le jeu, à éclairer les français et à établir la vérité. Pourquoi, au lieu de lever les soupçons, le chef de l’Etat, le Premier Ministre et son gouvernement, les renforcent-ils ? Combien de temps vont-ils persister dans cette attitude ? Est-ce pour mieux cacher ce qui risque d’apparaître comme une affaire d’Etat ? Nous sommes non seulement en droit de poser des questions, mais c’est aussi notre devoir de le faire.

Aujourd’hui, l’exécutif se trouve affaiblit dans un contexte de crise financière et économique profonde. Il ne peut plus poursuivre sa politique fiscale alors qu’il est incapable de relancer la croissance. Il ne peut pas demander plus de sacrifices à ceux qui souffrent déjà et qui ont perdu confiance. Sinon il prend le risque d’affaiblir durablement le pays. Déjà des voix s’élèvent au sein de la majorité pour presser le Président de la République (qui cette fois ne l’est plus) de s’expliquer.