07/04/2008

AUTOLIB’ : INTERVIEW D’ANNICK LEPETIT

autolib.gifAnnoncé au départ pour 2009, le projet « Autolib’ » de voitures propres en libre-service pourrait glisser jusqu’au premier trimestre 2010, selon le maire de Paris, Bertrand Delanoë. Il s’agira d’un service public proposé par plusieurs communes, et non du système d’autopartage actuel, initié dans la capitale par trois groupes privés. Annick Lepetit, adjointe au maire de Paris chargée des transports, des déplacements et de l’espace public, s’explique sur le sujet.

Le maire de Paris a promis durant sa dernière campagne électorale de lancer « Autolib’ », sur le modèle du Velib’. Aujourd’hui, où en est le calendrier du projet ?
Dès lors que le maire a pris la décision d’offrir ce projet aux Franciliens, nous sommes amenés à prendre un peu plus de temps, puisqu’il faut, bien sûr, que nous consultions les communes voisines, trois départements et la région. Lors d’une récente réunion de Paris Métropole, il a été entériné par l’ensemble des acteurs présents le fait de créer un syndicat mixte d’étude, formule juridique qui nous permet d’avancer. Pour Autolib’, nous voulons également constituer un syndicat mixte tout début 2009, ce qui nous permettrait de lancer l’appel d’offres au printemps de la même année. Nous avons ciblé le coeur d’agglomération, mais notre état d’esprit c’est de laisser la porte ouverte. Je ne fixe pas de chiffre pour un nombre de communes participantes, avec lesquelles nous définirons ensemble les critères (autonomie des voitures, densité des bassins d’habitation et d’emploi…). Tout va dépendre à présent de la manière dont les communes répondent à ce projet. Ce que je souhaite, c’est qu’elles s’en emparent, qu’elles soient totalement parties prenantes.

Avec 4.000 voitures prévues, le projet est ambitieux. Où en êtes-vous sur le plan de son financement ?
Nous sommes au tout début du projet. Les services ont commencé à travailler sur Paris en tant que tel, et le financement sera peut-être totalement différent, dès lors que les communes seront associées. L’idée serait plutôt de faire assumer ce financement par le délégataire de service public, mais tout cela reste en discussion, à étudier. Il faut qu’on sache les besoins, les attentes et les possibilités des habitants des communes voisines. Nous sommes partis sur l’idée de lancer un nombre de voitures suffisant, pour que l’on puisse « accrocher » un public potentiel. Selon une enquête récente, 73 % des Parisiens interrogés se sont déclarés favorables à la mise en place d’un service tel qu’« Autolib’ ». A noter que 95 % des Parisiens qui n’ont pas de voiture, mais ont un permis de conduire, sont particulièrement intéressés. Or, la cible que nous visons en premier est celle des gens qui se posent la question de l’achat d’une voiture.

Que peut-on dire aujourd’hui sur les modèles de voitures qui seront retenus ?
La conception même du projet clairement énoncée par le maire est celle de véhicules propres, c’est-à-dire zéro émission. La question qui se pose est de savoir si l’on aura une flotte de 4.000 véhicules de ce type. Si un constructeur est capable de nous fournir une telle flotte, nous sommes tout à fait preneurs. Pour le moment, nous sommes en train de les sonder. J’observe que les constructeurs sont de plus en plus intéressés et qu’ils travaillent déjà avec d’autres pays. Outre les voitures électriques, l’hybride pourrait cadrer avec notre projet, si nous voulons lancer un nombre de véhicules important dès le début. Mais nous ne voulons pas de petites voitures à essence, même à faibles émissions de CO2.