20 Oct 2016

Le code n’a pas d’âge

On peut être âgé de plus de 50 ans et avoir un avenir dans les nouvelles technologies. Contre tous les clichés, c’est cette réalité que construisent chaque jour les membres de la promotion de l’Ecole 42 à qui nous avons remis leurs certificats de fin d’étude jeudi 20 octobre. Une promotion un peu particulière puisqu’elle n’est composée que de demandeurs d’emplois seniors.

42 est un établissement atypique situé Boulevard Bessières qui forme à l’informatique et au codage. Mais c’est surtout dans sa manière de renouveler la pédagogie, de laisser une très grande place à la coopération entre étudiants et à encourager l’imagination qu’elle révolutionne le rapport au travail. La formation est gratuite et ouverte à toute personne de 18 à 30 ans suffisamment motivée pour passer les tests d’admission.

Grâce à un partenariat original et efficace avec Pôle Emploi, une promotion de 25 personnes de plus de 50 ans a été expérimentée. Ces étudiants sont d’autant plus méritants qu’il n’est pas facile de revenir sur les bancs de l’école quand on a déjà une riche carrière derrière soi. Cela demande une grande motivation, un investissement personnel important et du travail sur la durée puisque la formation dure 11 mois.

C’est une bonne réponse apportée à l’un des graves problèmes du marché du travail en France : il ferme la porte aux plus jeunes tout en excluant les plus expérimentés. On retrouve là toute l’incohérence de ces entreprises qui nous demandent de prolonger l’âge de la retraite, mais qui n’embauchent plus personnes au-dessus de 50 ans.

Or dans un monde en permanente évolution, s’il est nécessaire de continuer à apprendre quel que soit son âge pour continuer à être performant, encore faut-il pouvoir le faire. C’est ce que nous encourageons au niveau national en mettant les moyens pour atteindre les 500.000 formations par ans. C’est ce qui a été fait avec cette promotion qui a définitivement montré que l’âge n’est une barrière que dans l’esprit des recruteurs.

Alors que la formation s’achève à peine, neuf des stagiaires ont déjà retrouvé un emploi et quatre sont en train de créer leur propre activité. Ce sont des chiffres beaucoup plus élevés que la moyenne qui prouvent la justesse de la démarche et constituent un formidable message d’espoir.