17 Mai 2016

Point presse du 17 mai à l’Assemblée nationale

Lors de mon point presse, j’ai abordé l’agenda parlementaire avec la ratification de l’accord de Paris pour le climat et l’examen de la réforme judiciaire. J’ai aussi souligné les propos du Président de la République ainsi que les échanges au sein de la réunion de notre groupe ce matin.

François Hollande sur Europe 1

Je souhaite dire quelques mots concernant l’intervention du Président sur Europe 1. Nous sommes très favorables à ce que la baisse des impôts se poursuive l’année prochaine car c’est reconnaître l’effort des Français. Il s’agit d’une mesure de justice pour les classes populaires et d’une mesure utile pour la reprise de l’économie.

Nous nous félicitons de l’annonce concernant les rémunérations des grands patrons du CAC 40. Il est temps d’en finir avec cette indécence qui fracture le corps social et nuit à l’esprit d’entreprise. En donnant à l’assemblée générale des actionnaires le pouvoir de décision, on rétablit deux principes fondamentaux : l’exemplarité et la responsabilité. Le MEDEF n’a pas su prendre les siennes, ce sera donc au législateur d’agir.

D’autre part, le Président a été clair sur la loi travail : il n’est pas question de renoncer, d’autant que sur le fond, le texte comprend de nombreuses avancées. Nous les garderons même si le Sénat est en train de tout retricôter. A ce sujet, c’est toujours instructif de regarder ce qu’en fait la droite.

Violence et dégradation en marge des manifestations

Je veux à présent condamner avec la plus grande fermeté les violences et les dégradations commises en marge des manifestations contre la loi travail. Je parle des  dégradations des équipements publics et des permanences d’élus. Ce matin, plusieurs d’entre nous se sont exprimés sur ce sujet pour dénoncer saccages et menaces physiques, ce sont aussi nos collaborateurs qui les subissent. En visant les élus de la Nation, ces violences sont une négation de notre démocratie et de ses institutions.

Ratification accord de Paris

Cet après-midi, une question au gouvernement portera sur la ratification de l’accord de Paris. On ne soulignera jamais assez le caractère historique de ce qui s’est joué lors de la conférence de Paris en décembre dernier. Ce qui a été posé à Paris, c’est la première pierre d’une transformation durable des modes de consommation et de production. Ce qui a été posé à Paris, c’est le premier accord universel jamais signé. Et c’est la France qui a été en première ligne. Aujourd’hui, notre devoir de parlementaire, c’est de nous montrer à la hauteur du travail qui a été fait par le Président de la République et par le corps diplomatique. En ratifiant cet après-midi le texte de la COP21, nous serons le premier pays du monde à accepter les nouvelles règles du jeu écologique et nous nous montrerons à la hauteur de l’espoir suscité par cet accord.

Réforme judiciaire

Nous entamons cette semaine l’examen de la réforme judiciaire dite du 21ème siècle.

La première ambition de ce texte est d’améliorer la justice du quotidien, celle qui concerne nos concitoyens : simplification des démarches et suppression de juridictions inutiles. L’objectif de cette réforme est aussi de faire progresser les droits des justiciables grâce à l’action de groupe en matière de discriminations. C’est également une réforme qui renforce l’exemplarité, l’indépendance et l’impartialité des magistrats. Les procureurs ne seront plus nommés en conseil des ministres, la liberté syndicale sera consacrée pour les magistrats

J’en profite pour dire que la première urgence pour la justice est d’avoir des moyens conséquents. Même si la gauche a constamment augmenté depuis quatre ans son budget.

Réunion de groupe

Lors de la réunion de groupe ce matin nous avons eu une discussion franche et sans états d’âme sur ce qui s’est passé ces derniers jours. Beaucoup de députés qui interviennent peu à cette réunion hebdomadaire ont exprimé leur déception, leur inquiétude, voir leur colère à propos du comportement de certains d’entre nous. La fameuse motion de censure « de gauche » n’existe pas. Si demain, il devait y avoir une  motion de censure votée contre le gouvernement, elle serait une censure de droite !

Et pour répondre à certains de mes collègues, je suis une députée de gauche dans un arrondissement de droite, et je peux affirmer quotidiennement qu’il existe bien une vraie différence entre la gauche et la droite.

Il n’y a pas eu de condition, ni de sanctions à l’égard de certains députés. Les différences entre nous ne doivent pas nous empêcher de porter un projet collectif. Chacun a néanmoins été invité par le Premier ministre comme le président du groupe à prendre ses responsabilités.