20 Nov 2015

Fluctuat nec mergitur

Fluctuat nec mergiturAprès les attentats que nous avons subis le 13 novembre dernier, j’ai souhaité dire ma peine et ma sidération devant tant de violence. Quelques mots à chaud sur mon blog dès samedi pour exprimer mes sentiments face à cette tragédie

J’ai aussi voulu rendre disponible ici les hommages et les discours qui m’ont semblé fédérateurs ces derniers jours.

Lundi matin, devant le Conseil de Paris, Anne Hidalgo a rendu un vibrant hommage aux victimes et a encouragé chacun de ses concitoyens à rester libres et debout :

« Nous resterons debout et nous resterons nous-mêmes, nous continuerons à assumer à la face du monde notre identité collective de Parisiens, c’est-à-dire l’identité de citoyens attachés pour eux-mêmes comme pour l’humanité entière à la liberté, à l’égalité et à la fraternité – attachés à notre singularité dans le monde autant qu’à notre ouverture sur le monde – attachés enfin à notre art de vivre passionnément en paix. »

Le Président de la République s’est exprimé devant l’ensemble des députés et sénateurs réunis en Congrès à Versailles lundi après-midi. Fidèle à sa fonction, il a su se poser en rassembleur de notre nation meurtrie et déterminé, il a exposé une feuille de route claire :

« Les terroristes croient que les peuples libres se laisseraient impressionner par l’horreur. Il n’en est rien et la République française a surmonté bien d’autres épreuves. Elle est toujours là, bien vivante. Et ceux qui ont entendu la défier ont toujours été les perdants de l’histoire. Il en sera de même cette fois encore. Le peuple français est un peuple ardent, vaillant, courageux qui ne se résigne pas et qui se met debout chaque fois qu’un de ses enfants est à terre. […] »

L’objectif est assumé : détruire Daesh et ses réseaux pour apporter la sécurité aux Français et au monde. Les moyens d’y parvenir sont expliqués : intensification des bombardements en Syrie, mobilisation de toute l’Union européenne, contrôle des frontières extérieures de l’espace Schengen, grande coalition avec les USA, la Russie et tous les pays concernés, intensification de la lutte contre le terrorisme, contre leur trafic d’armes, contre leurs réseaux de financement…

Au niveau national, nous renforçons les moyens de la justice et de nos forces de sécurité avec la création de 8.500 postes supplémentaires. Je veux d’ailleurs saluer le courage et le travail remarquables des forces de sécurité et des soignants particulièrement mobilisés depuis une semaine.

Ce que nous avons voté

Sans attendre le prochain débat sur l’évolution de deux articles de notre Constitution, nous avons donné au Gouvernement, dès cette semaine, les moyens dont il a besoin pour assurer la sécurité des Français. Ce jeudi, à l’Assemblée, nous avons adopté à la quasi-unanimité la prolongation de l’état d’urgence pendant trois mois et remis à jour les dispositions datant de 1955 pour les adapter à notre époque.

L’état d’urgence permet ainsi à la police d’effectuer des perquisitions à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit, après en avoir informé le procureur de la République. Ainsi, plus de 400 perquisitions ont eu lieu depuis le 15 novembre, aboutissant à de nombreuses interpellations et la saisie d’armes de guerre.

Le régime d’assignation à résidence permet de limiter les déplacements de personnes dont le comportement laisse à craindre qu’il constitue une menace pour la sécurité et l’ordre public. Le débat parlementaire a permis de renforcer ce cadre par l’adoption de quelques amendements. Ainsi, la durée de l’assignation à résidence a été prolongée, passant ainsi de 8h à 12h. De plus, les personnes assignées à résidence ayant déjà été condamnées pour des actes de terrorismes, devront porter un bracelet électronique.

L’état d’urgence tel qu’il a été voté en 1955 donnait aussi la possibilité au gouvernement de contrôler la presse. Nous avons choisi de supprimer cette disposition, car nous considérons la liberté de la presse comme un fondement inaliénable de la démocratie, qui ne peut donc pas être remis en cause. Les sites internet qui appellent au terrorisme ou en font l’apologie pourront par contre être interrompus beaucoup plus rapidement, sur simple décision du ministre de l’Intérieur.

Ce matin encore, nous étions réunis par le Préfet de Police, le Procureur de la République, le Recteur de Paris et la Maire de Paris afin d’arrêter les dernières mesures de sécurités et d’accompagnement destinées à protéger les Parisiens.

Le Président, le Gouvernement, les élus, les services de l’Etat et de la Mairie de Paris font corps pour éliminer la menace terroriste et préserver le quotidien de leurs concitoyens. Mais c’est aussi à chacun d’entre nous d’être à la hauteur de ce défi. Il nous faut rester unis, résister à la peur, rejeter les rumeurs, les amalgames, et ceux qui attisent les haines.

La France et Paris vivent une période exceptionnellement grave. La France, comme Paris, en ont vu d’autres.

Nous sortirons de cette épreuve grâce aux valeurs de notre pacte républicain : la liberté, l’égalité et la fraternité. Car si ces terroristes détestent autant ces valeurs et veulent les détruire, c’est parce qu’elles sont justement la plus grande force de notre peuple.