6 Oct 2015

Point presse

Lors de mon point presse aujourd’hui à l’assemblée, j’ai dans un premier temps réagi à l’actualité nationale, très chargée ces derniers jours avant de traiter de l’actualité parlementaire.

Hommage au policier 

Je veux tout d’abord rendre hommage au policier, très grièvement blessé dans la fusillade qui a eu lieu hier à St Ouen. Ce drame rappelle, le courage et les situations si difficiles qu’affrontent les forces de police dans leur mission. Le gouvernement soutient constamment leur travail, en leur donnant des moyens supplémentaires… mais aussi en faisant preuve de la plus grande fermeté avec les criminels.

 S’il y a eu dysfonctionnement, il faut y remédier, le gouvernement y veillera. Mais il ne faut pas, dans ce genre de situation, se laisser aller à des exploitations politiciennes. Remettre en cause des décisions de justice, opposer police et justice, c’est affaiblir l’autorité de l’Etat.

Changement climatique et bétonnage

Je voudrais vous dire la solidarité du groupe socialiste envers toutes les personnes qui ont été touchées par les inondations de ce week-end. Comme toujours, l’Etat mobilise tous les moyens de secours et d’indemnisation afin que la vie puisse reprendre le plus rapidement possible.

Il apparaît de plus en plus évident qu’il existe un lien entre ce type d’intempéries et le réchauffement climatique. Cela rend essentiel la réussite du prochain sommet sur le climat à Paris. Cela rend essentiel aussi l’application de la loi de transition énergétique .

On ne saurait oublier la responsabilité de ceux qui ont bétonné à outrance le littoral. Des règles d’urbanisme existent. Il faut qu’elles soient respectées par les élus et il faut que les préfets veillent à leur application. Créer des infrastructures pour accueillir les touristes, c’est bien. Le faire en respectant les règles élémentaires de gestion de sols, c’est indispensable pour éviter ce genre de drames.

La violence n’a pas sa place dans le dialogue social

Nous ne pouvons pas tolérer les violences dont nous avons été les témoins hier à France . Nous sommes, depuis 3 ans, les défenseurs du dialogue social. Nous avons toujours considéré qu’il s’agissait de la bonne manière de réformer le pays et du bon mode de gouvernance des entreprises. La violence n’a pas sa place dans le dialogue et nous la condamnons avec la plus grande fermeté.

Air France a besoin de se réinventer. L’économie du transport aérien a connu de profonds bouleversements depuis 10 ans – le virage du low cost et l’arrivée sur le marché d’une concurrence brutale et pour partie déloyale des compagnies du golfe.

Depuis le début, tous les métiers exercés à Air France ont montré qu’ils étaient conscients de ces enjeux et il n’est pas possible que les pilotes soient les seuls à refuser de s’adapter. Le pavillon français ne peut être l’otage d’aucun corporatisme.

Quant à ceux qui réclament une intervention de l’Etat sur ce dossier, nous considérons que c’est irresponsable car ce serait donner raison aux violents.Ce serait ruiner tous les efforts de négociations des partenaires sociaux. Nous souhaitons que ce dialogue reprenne.

Le tiers-payant sera appliqué

Cette grève n’a aucune raison d’être. La pomme de discorde c’était la généralisation du tiers-payant. Or, l’Etat et la sécurité sociale ont pris des engagements pour que la mise en place du tiers-payant n’ait aucun impact sur le travail des médecins. D’autre part, aucune disposition de la loi santé ne remet en cause la liberté de prescription ni la liberté d’installation. Je veux rappeler aux médecins que leur prospérité vient aussi de l’existence de la sécurité sociale et que, eux aussi, ont à participer à sa bonne santé.

Nous ne reculerons pas sur le tiers-payant parce que nous ne trouvons pas acceptable que les Français les plus précaires renoncent à se soigner faute d’argent. Cette mesure permettra d’améliorer l’accès aux soins mais également de désengorger les urgences.

Notre modèle social n’est pas le problème mais la solution 

Alors que nous célébrons aujourd’hui les 70 ans de la sécurité sociale, on voit des forces économiques, sociales et politiques, je parle ici de la droite, qui ne défendent plus ce modèle, qui veulent même le briser. Oui, il y a une profonde différence entre eux et nous sur la conception de la solidarité et de la protection sociale.

Ce que veut la droite, c’est la fin de la durée légale du travail et la fin de la majoration des heures supplémentaires. En clair, un travail plus dur et moins bien rémunéré. Ce que nous mettons en place, c’est la prise en compte de la pénibilité dans les carrières, ce sont des contreparties salariales chaque fois que les salariés sont amenés à travailler dans des circonstances exceptionnelles – la nuit ou le dimanche.

Ce que veut la droite, ce sont des travailleurs plus flexibles avec la possibilité de licencier sans contrainte, c’est la remise en cause des droits syndicaux. Ce que nous mettons en place, c’est une nouvelle sécurité sociale professionnelle avec des droits rechargeables au chômage et un compte personnel d’activité.

Ce que veut la droite, c’est la retraite de plus en plus tard et de moins en moins bien couverte avec la fin de notre système par répartition. Ce que nous mettons en place, c’est la prise en compte de l’inégalité face à l’espérance de vie dans le calcul de l’âge de départ.

Ce qu’ils veulent, ce sont 100 milliards d’économies, uniquement sur les services publics, pour mieux financer des cadeaux aux plus riches comme la suppression de l’ISF. Ce que nous mettons en place, ce sont 2 milliards d’euros de baisses d’impôts pour les classes moyennes et modestes et une réforme de notre système fiscal avec la retenue à la source.

La différence profonde entre la droite et la gauche se situe là, sur la question du modèle social. Pour la gauche, le modèle social n’est pas le problème, il est la solution. Pour la droite c’est un poids dont il faut se débarrasser.