24 Mar 2015

Conférence de presse

2015-03-24 14 45 10J’ai débuté mon intervention par une pensée sincère pour les victimes du crash de l’A320 dans les Alpes de Haute-Provence. Le vol qui reliait Barcelone à Düsseldorf s’est abîmé ce mardi 24 mars avec à son bord 148 personnes. J’ai ensuite consacré l’intégralité de mon point presse au premier tour des élections départementales. Après une première analyse du vote de dimanche dernier, j’ai appelé la gauche au rassemblement et la mobilisation pour le second tour.

Le premier tour des départementales

Dans l’analyse de ce premier tour des élections départementales, et malgré des réalités locales très diverses, il y a des motifs d’encouragement après les périodes très difficiles que nous avons connues ces derniers mois.

D’abord le sursaut de la participation. C’est le résultat de l’engagement du Premier ministre et de nos candidats qui ont su mobiliser les électeurs face au danger de l’extrême-droite. Sans cette mobilisation, sans cette volonté de mettre chacun devant ses responsabilités, nous n’aurions pas eu ce sursaut civique.

Ensuite la bonne résistance du PS et de la majorité qui avec 28% réalisent un score proche des cantonales de 2011. Petit à petit, nous regagnons le terrain que nous avions perdu aux municipales et aux européennes. C’est pour moi le signe que les Français commencent à percevoir le bien-fondé de la politique réformatrice que nous menons depuis 3 ans.

C’est enfin le ressaisissement des partis républicains face à l’extrême-droite. La mobilisation que nous avons fait se lever dans les dernières semaines a permis sans doute de freiner la progression du FN. Il est certes haut, trop haut, mais son score ne lui assure pas à la première place que lui donnaient les sondages. La campagne a servi de révélateur sur ce qu’il est réellement : un parti corrompu, englué dans les affaires d’argent, un programme qui conduirait le pays à la ruine et à l’affrontement, des « candidats fantômes » dont la seule expression a consisté à déverser leur haine raciste, antisémite, sexiste et homophobe sur les réseaux sociaux.

Le deuxième tour

Il faut amplifier la mobilisation. C’est une semaine décisive et rien n’est joué pour le second tour. Il existe un enjeu national et départemental dans ce second tour. L’enjeu national, c’est de faire barrage à l’extrême-droite et de l’empêcher de s’enraciner dans les territoires. Il y va de la stabilité du pays comme de ses départements. L’enjeu départemental, c’est de défendre les politiques de solidarité sociale et territoriale que la gauche a mise en œuvre, et que ses candidats portent avec courage dans les départements. Le seul projet de la droite, c’est de défaire ce que nous faisons, c’est de couper dans la protection sociale et les services publics.

Raison de plus pour que la gauche se rassemble. Il faut que la gauche s’unisse derrière le candidat le mieux placé. Je constate qu’en totalisant ses voix, la gauche fait jeu égal avec la droite. Ce deuxième tour peut être, doit être la préfiguration d’une majorité de gauche plus large, plus soudée et plus solidaire.

Le désistement républicain. Là encore nous ne varions pas. Partout où l’extrême-droite peut l’emporter et que la gauche n’est pas en mesure de se maintenir, nous appelons à voter pour le candidat de la droite républicaine. Le désistement républicain reste l’un des remparts les plus efficaces face à l’extrême-droite. A cet égard, l’attitude de M. Sarkozy qui persiste à ne pas choisir entre le Parti socialiste et le FN est scandaleuse et suicidaire. Scandaleuse parce qu’elle contribue à banaliser le FN. Suicidaire parce qu’elle favorise l’hémorragie des électeurs de l’UMP vers l’extrême-droite et contribue à l’enkystement du FN dans la République. L’UMP y perd son honneur, mais surtout y perd des électeurs.

Quelles leçons pour la gauche ?

On tirera les leçons le soir du deuxième tour. Mais d’ores et déjà nous pouvons constater que :

La gauche résiste, mais elle résiste beaucoup mieux quand elle assume ses valeurs et son action comme l’ont fait le Premier ministre et nos candidats. Les seules batailles perdues d’avance sont celles qu’on ne livre pas.

Nous pouvons constater que notre électorat a une demande forte d’unité et de solidarité. Chaque fois que la gauche est partie divisée, elle a été éliminée. Chaque fois qu’elle a fait l’unité avec le Parti socialiste, elle est arrivée en tête.

Les appels à un changement de Premier ministre, venus de la droite et de l’extrême-droite sont à côté de la plaque. Ce n’est pas au moment où notre action commence à porter ses fruits que nous allons changer de pied. La réforme demande du courage et de la constance. Toutes qualités qui font défaut à M. Sarkozy et aux responsables de la droite.

La droite

Il n’y a pas de grande marée bleue. La droite progresse peu en termes de suffrages. Sans doute gagnera-t-elle des positions. Mais c’est un effet mécanique du scrutin majoritaire et des élections intermédiaires traditionnellement favorables aux partis d’opposition. M. Sarkozy n’y est pas pour grand-chose et ses rivaux se sont chargés de lui rappeler.

Sur le plan électoral, M. Sarkozy n’a pas endigué la poussée du FN. Pire, depuis son retour et son obsession à copier les thèmes de l’extrême-droite, la porosité des électeurs et des idées n’a fait que s’aggraver. Si la droite a devancé le FN, elle le doit à la campagne musclée de Manuel Valls contre l’extrême-droite : le Premier Ministre est un combattant, Nicolas Sarkozy un moulin à vent.

Il prétend aujourd’hui incarner l’alternance, mais il incarne un grand vide, de l’aveu même de F. Fillon ou d’A. Juppé : pas de programme, pas d’idées, pas de vision. Sa seule stratégie, c’est de changer le nom de son parti et de s’arroger l’étiquette des Républicains. « La vieille soupe » serait un nom beaucoup plus approprié.

La vieille soupe c’est le recyclage de toutes les vieilles idées de la droite depuis trente ans contre le code du travail, les 35 heures, l’ISF ou les fonctionnaires. La vieille soupe est sa manie d’opposer les Français entre eux et sa conception clientéliste qui consiste à dire oui à tous les mécontentements. Il est donc en train de nous la resservir.

L’alternance de M. Sarkozy, c’est recommencer son quinquennat. Merci on a déjà donné !