17 Mar 2015

Fin de vie : le droit de ne plus souffrir

soins paliatifs fin de vie thinkstockNous avons voté une loi singulière sur un thème qui par essence nous concerne tous, celui de la fin de vie. C’est un sujet intime et sensible au croisement des libertés individuelles et des convictions de chacun. Mais c’est aussi un sujet où notre société peut véritablement s’améliorer, puisque l’on considère que seuls 35% des décès à l’hôpital s’y déroulent dans des conditions acceptables.

Le Président de la République a choisi la voie du consensus pour avancer sur cette question. Depuis 2012, trois rapports importants sont venus nourrir notre réflexion collective : le rapport du professeur Didier Sicard, l’avis du Comité Consultatif  National d’Ethique, et enfin le rapport des députés Claeys et Léonetti, qui a servi de base à cette proposition de loi.

Le principal changement qu’elle apporte par rapport à la situation actuelle est qu’elle met le patient au cœur du dispositif en lui offrant un nouveau droit fondamental : celui de mourir sans douleur. La sédation profonde et continue jusqu’au décès est ainsi autorisée pour la première fois. Désormais, chaque malade atteint d’une maladie incurable, qui le fait souffrir et engage son pronostic vital,  pourra demander à être endormi profondément, jusqu’à ce qu’il s’éteigne, tout en arrêtant les traitements qui le maintiennent en vie.

Pour que les volontés du patient soient bien prises en compte, ses « directives anticipées » s’imposeront désormais au médecin. Elles seront rédigées selon un modèle clair qui permettra à l’équipe médicale de s’y référer plus facilement. Elles n’auront plus de durée limitée et seront donc modifiables à tout moment. Pour que chaque citoyen puisse y avoir recours, elles pourront être inscrites sur la carte vitale. En l’absence de directives, la première personne consultée sera la personne de confiance. L’important est que la fin de vie ne soit plus un tabou et qu’un dialogue serein puisse s’instaurer sur ce sujet entre chaque personne et son médecin.