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26 Nov 2014

Mon discours pour les 40 ans de la loi Veil (vidéo)

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L’Assemblée nationale a aujourd’hui étudié et adopté la proposition résolution visant à réaffirmer le droit fondamental à l’interruption volontaire de grossesse en France et en Europe. 40 ans après la loi Veil, ce texte réaffirme avec force le droit de chaque femme à disposer librement de son corps.  Voici le texte de mon intervention :

Monsieur le Président, Mme la Ministre, mes chers collègues

Il y 40 ans, Simone Veil montait à cette même tribune pour présenter son projet de loi reconnaissant l’interruption volontaire de grossesse. Il y a 40 ans, cet hémicycle était le lieu d’un débat d’une rare violence qui s’est achevé par l’adoption de cette grande loi, grâce au soutien des députés de gauche. Sans eux cette loi ne serait jamais passée. Il y a 40 ans, notre pays entrait enfin dans une nouvelle ère.

Depuis quatre décennies, des générations de françaises se sont appropriées ce droit, car il s’agit bien d’un droit. Pas d’une simple tolérance assortie de conditions fluctuantes selon les époques. Mais du droit fondamental de chaque femme à disposer librement de son corps et à accéder aux moyens de planifier le moment où elle désire être enceinte. C’est ce que réaffirme avec force cette résolution.

La simple lecture des considérants nous rappellent que chaque génération a dû batailler pour poser sa pierre à l’édifice. Les parlementaires socialistes n’ont cessé de conforter, de renforcer, d’étendre ce droit pour que les principes établis par la loi Veil puissent réellement prendre toute leur ampleur.  Parallèlement nous sommes toujours restés vigilants sur la défense de ces droits une fois obtenus.

Souvenons-nous par exemple que cette loi n’était au départ que provisoire, pour une durée de 5 ans. Comme si les femmes avaient besoin d’une période d’essai pour prouver qu’elles peuvent être responsable à part entière.

La liberté des femmes n’est jamais acquise définitivement. Une parole obscurantiste se libère un peu plus chaque jour. Ici même, dans cet hémicycle, les débats que nous avons eus en janvier dernier nous ont rappelé que les discours réactionnaires ont toujours court dans notre pays, et sur ces bancs.

Ce qui les avait provoqués ce jour-là était la suppression de la notion de « détresse » comme justification de l’interruption de grossesse. Ce terme « détresse », issu du difficile équilibre politique de 1974, n’avait plus selon nous de raison d’être en 2014.

C’était oublier un peu vite que les discours rétrogrades sur la condition des femmes sont encore d’actualité. Ce jour-là des députés UMP sont même allés jusqu’à proposer le déremboursement de l’IVG !

C’est incroyable que 40 ans après nous subissions les mêmes discours sur l’avortement de complaisance et la crainte de la banalisation.

Or il n’est jamais banal de mettre fin à une grossesse. Et le choix, ce choix si chèrement acquis, ce choix n’est jamais facile et souvent douloureux. C’est pour cette raison que l’Etat doit offrir aux femmes le cadre légal et médical qui leur permettra de pratiquer une IVG dans les meilleures conditions et en toute connaissance de cause.

Grace au développement de la contraception et la légalisation de l’IVG, la maternité peut désormais être choisie plutôt que subie. Ce qui a un impact considérable sur les modes de vie : les femmes font des études plus longues, elles travaillent, elles souhaitent progresser dans leurs carrières et prendre des responsabilités, qui avant n’étaient dévolues qu’aux hommes.

Mais au fond, derrière ces discours anti-IVG encore tenus aujourd’hui, n’est-ce pas l’émancipation des femmes elle-même qui n’est toujours pas acceptée ? Ceux qui les prononcent ne regrettent-ils pas en fait l’époque où la place de la femme était à la cuisine ?

D’ailleurs qu’une femme succède à la tribune à M. Bompard doit encore en choquer quelques-uns.

Cette tendance réactionnaire ne se retrouve d’ailleurs pas qu’au sein de la droite française. Cela a été dit mais nous ne dénoncerons jamais assez le gouvernement de droite espagnol qui voulait refaire de la femme une mineure. Qu’un pays développé, situé juste à nos frontières, avec qui nous construisons chaque jour notre destin européen, soit capable d’envisager un tel retour en arrière, nous rappelle pourquoi nous ne devons jamais baisser la garde pour protéger les droits que nous avons chèrement acquis.

Nous ne devons pas oublier non plus qu’au sein même de l’Union Européenne, pourtant très en pointe sur la question des droits des femmes, en Pologne, en Irlande, à Malte, à Chypre, le recours à l’IVG reste très limité, voire même interdit.

Le poids de la religion n’y est sans doute pas étranger. D’ailleurs nous le voyons aussi dans un certain nombre de pays dans le monde où la place des femmes recule. C’est pourquoi je peux dire en conclusion que la laïcité a toujours été le meilleur soutien des droits des femmes.