21 Oct 2014

Conférence de presse à l’Assemblée nationale

20141021_1259293J’ai tenu aujourd’hui le point presse du Groupe Socialiste à l’Assemblée nationale. Entre le vote du budget de la France pour 2015 et le débat sur le budget de la Sécurité Sociale, l’actualité parlementaire est très riche cette semaine. Retrouvez ci-dessous mon intervention devant les journalistes :

 

LE BUDGET

Beaucoup de choses sont en train de bouger en France grâce à notre action, et malgré les éternels défaitistes. C’est le jugement positif de l’OCDE qui estime que nos réformes vont apporter un gain de croissance de 4% dans les années à venir. Ce sont aussi les premiers signes de convalescence de notre appareil industriel. Pour la première fois depuis 2008, les ouvertures de sites de production ont été plus nombreuses que l’année dernière (un tiers de plus qu’en 2013) et les fermetures moins importantes (25% de moins). C’est également l’amélioration de la production de nos groupes automobiles qui est souvent le signe avant-coureur d’une reprise. Notre politique de redressement commence à porter ses fruits et elle va s’accélérer dans le budget que nous allons voter.

Le moteur, c’est la priorité que nous donnons à l’investissement public et privé. Avec le CICE* et la suppression des cotisations sociales sur le SMIC, 30 milliards vont venir irriguer le tissu économique et renforcer la compétitivité des entreprises. Quant au plan d’économies de 21 milliards, il a été calibré pour réduire les dépenses de fonctionnement sans affecter les dépenses d’investissement. Le compromis entre la majorité et le gouvernement sur les collectivités locales va dans ce sens. Elles devront réduire leur train de vie de 3 milliards comme il était prévu mais l’Etat met en place un mécanisme qui va garantir leurs investissements (un fonds d’investissement de 400 millions € à peu près).

Cette stratégie d’investissement est rendue possible par deux inflexions importantes.

La première, c’est la décision de ralentir le rythme de réduction des déficits pour faire face aux risques de déflation de la zone euro.

La deuxième inflexion, c’est la stabilisation des prélèvements. 9 millions de familles vont bénéficier d’une baisse importante avec la suppression de la première tranche de l’impôt et aucune autre ne connaîtra de hausse du fait d’un changement de règles. C’est une mesure de pouvoir d’achat de plus de 3 milliards d’euros qui devrait tous nous réunir pour voter ce budget cet après-midi.

Il y a eu, c’est vrai, des moments un peu serrés durant la discussion. On les a surmontés. Plus de 45h de débat dans l’hémicycle, 700 amendements étudiés dont une centaine adoptée. Le gouvernement a su faire des concessions. Le groupe a respecté la trajectoire de réduction des dépenses. Certains ne sont pas satisfaits de ce travail et ce sont toujours les mêmes qui ressassent les mêmes arguments depuis deux ans. Pourtant, je remarque que personne ne remet en cause la nécessité de faire des économies mais ce n’est jamais la bonne ! L’important, c’est qu’il y ait une large majorité pour voter ce budget parce qu’il est juste, courageux et de gauche.

La droite par contre s’est montrée dans ce débat à la fois amnésique et incohérente. Amnésique car elle oublie tous les déficits qu’elle a creusés et les impôts qu’elle a elle-même augmentés pendant ses dix années au pouvoir. Incohérente car les amendements qu’elle propose ne sont que des dépenses alors qu’elle promet 130 milliards d’économies. Elle veut augmenter la TVA pour financer la suppression de l’impôt sur la fortune, mais vote contre les baisses d’impôts pour les classes moyennes que nous mettons en œuvre concrètement dans ce budget.

 

Les menaces européennes

Le soutien de la majorité est d’autant plus nécessaire que nous sommes en train de faire bouger les choses avec l’Europe.

Notre budget, c’est ici au Parlement qu’il se décide, pas à Bruxelles ou dans les rangs de la CDU. Concrètement, ce que la France défend devant la Commission et le gouvernement allemand, c’est que chacun doit balayer devant sa porte. A l’engagement de la France de mener à bien son programme de réformes doit correspondre un véritable changement des politiques d’austérité en Europe et en Allemagne qui mène la zone euro à la déflation. Cette stratégie globale, réformes françaises, réformes européennes est la seule manière aujourd’hui de sortir l’Union de l’impasse et c’est le discours que nous tenons depuis le début.

 

LE PROJET DE LOI DE FINANCEMENT DE LA SECURITE SOCIALE POUR 2015

La modulation des allocations familiales

La politique familiale comporte depuis longtemps une grave inégalité. Avec le quotient familial et les divers abattements fiscaux par enfants, les familles les plus favorisées reçoivent une aide publique très supérieure aux autres.

La modulation répare une partie de cette anomalie.  Toutes les familles continueront de percevoir les allocations familiales mais elles deviendront dégressives à partir de 6 000 euros. La mesure préserve 88% des familles et permet de maintenir intacts tous les autres avantages familiaux (la prime à la naissance, la majoration à 14 ans, les aides à la garde d’enfants).

Il est faux de dire que c’est la fin de l’universalité. De nombreuses prestations tiennent déjà compte des revenus (comme l’APA* par exemple). Nous revenons simplement à la conception originelle du principe d’universalité : donner aux familles modestes les mêmes chances qu’aux familles favorisées. Je comprends que ces familles n’en soient pas satisfaites, mais il est normal qu’en cette période d’économies chacun contribue selon ses moyens.

Des économies sans déremboursements

Cette réforme importante des allocations familiales ne doit pas faire oublier les autres dimensions de cette loi de finances de la sécurité sociale.

1/ Nous continuons de réduire le déficit qui a diminué de 5 milliards en 2 ans.

2/ Contrairement à ce qu’a fait la droite en France et en Europe, les économies demandées à la Sécurité sociale ne comportent ni déremboursements, ni suppression de prestations.

 

* CICE : Crédit d’Impôt Compétitivité Emploi

* APA : Allocation Personnalisée d’Autonomie