28 Jan 2014

Conférence de presse à l’Assemblée nationale

Au cours de ma conférence de presse à l’Assemblée nationale, j’ai parlé, entre autres, de l’emploi et du pacte de responsabilité, du programme de l’UMP et de la récente manifestation d’extrême droite.

L’emploi et le pacte de responsabilité

 

A ceux qui nous font la leçon sur la courbe du chômage, nous répondons que descendre l’Everest est plus rapide que de le grimper ! Je rappelle que l’augmentation continue du chômage a été stoppée pour la première fois depuis 5 ans. Grâce à la politique énergique du gouvernement, l’hémorragie s’est arrêtée avec une forte amélioration de l’emploi des jeunes. Ce n’est pas l’inversion globale espérée, mais nous sommes sur la bonne trajectoire.

Notre défi est maintenant de passer de la bataille de tranchées pour retrouver des marges de manœuvre à une stratégie offensive de reconquête de la croissance et de l’emploi. C’est l’objectif de la réforme de la formation professionnelle, c’est celui du pacte de responsabilité que le Président et le Premier ministre ont commencé de négocier avec les partenaires sociaux. Ceci appelle plusieurs remarques de ma part.

Un compromis national est nécessaire. Tout le monde reconnaît le mauvais état de notre appareil productif qui manque de capitaux, d’investissements, d’équipement, de compétitivité. Si l’on veut que la croissance reparte pour créer durablement de l’emploi durablement, il faut que l’Etat appuie fortement le développement des entreprises. C’est ce que fait le gouvernement en proposant un effort global sans précédent : allègement des charges, remise à plat de la fiscalité, simplification des normes…

Il est temps que M. Gattaz cesse de jouer au « Monsieur toujours plus ». Ses surenchères permanentes pour demander toujours plus de réduction des cotisations sociales et des dépenses publiques dénotent un manque de sérieux. Maintenant que nous entrons dans le concret, ce n’est plus le moment de tergiverser. La réussite de ce grand compromis se forge dans le respect de la parole donnée.

Il y aura des contreparties. J’en veux pour preuve l’ouverture de négociations annoncées dans plusieurs branches professionnelles, la métallurgie, la propreté, l’aéronautique. Les autres branches vont suivre. C’est la dynamique portée par le gouvernement : que les engagements soient pris au plus près du terrain et puissent être vérifiés, d’un côté par l’Etat, de l’autre par les salariés. C’est la méthode qui a réussi pour la réforme du marché du travail qu’on croyait impossible.

Enfin, M. Copé a une nouvelle fois perdu une occasion de se taire en déclarant que ces négociations ne vont pas dans le bon sens et sont du temps perdu. Non, M. le chef de l’UMP, ce n’est pas du temps perdu et nous avons fait la preuve depuis dix-huit mois que la négociation collective est un moyen beaucoup plus sûr de réussir les réformes structurelles que l’autoritarisme désordonné du précédent quinquennat.

 

Le Programme de l’UMP

 

Rétrograde, c’est d’ailleurs le mot qui qualifie le mieux le programme rédigé sur un coin de table par l’UMP pour faire croire qu’il reste un parti de gouvernement.

Ses auteurs ne se sont pas cassé la tête. Ils nous ont fait un Copé-coller des propositions les plus moisies faites par la droite depuis trente ans.

Je prendrai quelques exemples :

  • La réduction de 130 milliards de la dépense publique dont personne n’a le courage de donner le détail tant elle serait un hachoir du service public et de la protection sociale.
  • La suppression de la durée légale du travail qui conduira à la disparition des heures supplémentaires et imposerait aux salariés de travailler 40 heures payées 35.
  • Le recul de l’âge légal à la retraite à 65 ans qui va remplacer des retraités par des chômeurs et aggraver toutes les inégalités que la droite a creusée depuis vingt ans dans notre système par répartition.
  • La reprise de la chasse aux pauvres désignés comme des profiteurs et des assistés et qui devront subir le plafonnement des minima sociaux et la dégressivité des allocations chômage.

J’arrête là le commentaire. Plusieurs dirigeants éminents de l’UMP ont déjà dit tout le mal qu’ils en pensaient et nul n’est besoin d’en rajouter sur l’état de division du parti de M. Copé, ni sur son incapacité à penser collectif.

Ce programme n’a qu’une seule vertu, celle de rappeler tout ce qui sépare la gauche de la droite en France. D’un côté une politique de redressement qui vise à réhabiliter notre modèle social et à lui donner les moyens de faire face à la mondialisation. De l’autre, une entreprise de démolition qui a pour référence M. Cameron et le conservatisme anglo-saxon.

 

La manifestation d’extrême-droite

 

Les Français ont pu voir dans les graves incidents de la manifestation de dimanche ce que donnait l’agrégation de l’intégrisme, du racisme, de l’antisémitisme et du poujadisme : un déferlement de haine et de violences qui n’a pas sa place dans notre pays.

Ce qui s’est passé dimanche est une alerte qui doit être prise au sérieux par toutes les forces républicaines. Il y a dans notre démocratie des groupes prêts à tout pour déstabiliser la République. C’est le devoir du gouvernement de les mettre hors d’état de nuire. C’est le devoir de l’opposition de l’y aider en refusant toute forme de collusion avec ces extrémismes.

 

L’adoption de la constitution tunisienne

 

Pour terminer, je veux saluer le peuple tunisien et ses représentants qui ont ratifié hier l’une des Constitutions les plus exemplaires. Vous en connaissez les acquis : l’établissement d’un Etat de droit et d’institutions démocratiques, le pluralisme des forces politiques et syndicales, la liberté de croyance et d’expression, l’égalité de l’homme et de la femme, les droits sociaux…

C’est un acte historique. La Tunisie a tenu la promesse de la Révolution de Jasmin. Ce succès c’est celui de la société civile tunisienne, c’est aussi celui des forces progressistes et syndicales qui a montré sa maturité politique au moment où les tensions étaient les plus vives.

Avec cette constitution adoptée à l’unanimité, la Tunisie a exprimé son refus de tout retour en arrière. Puisse son exemple faire école dans le monde.

 

Les votes à l’Assemblée

 

Nous avons voté pour le projet de loi pour l’égalité entre les femmes et les hommes, un texte important qui fait avancer l’égalité et la parité au quotidien, dans l’entreprise, la vie familiale, les institutions.