10 Avr 2003

UNE POLITIQUE ÉCONOMIQUE INJUSTE ET INEFFICACE

Le 10 avril 2003 Annick Lepetit a interpellé le Premier Ministre au sujet de la politique économique qu’il mène et des conséquences dramatiques qu’elle entraine.

« Monsieur le Premier ministre, les déclarations que vous avez faites lors de votre intervention à la télévision, jeudi dernier, nous semblent le plus souvent contradictoires et incohérentes. Certes, vous avez été ferme dans vos intentions, mais vous êtes resté très flou pour ce qui est des mesures que vous allez prendre. Nous sommes donc très inquiets, vous le comprendrez, des conséquences qu’elles auront pour notre pays, dont la situation économique et sociale est de plus en plus dégradée.

Vous avez déclaré vouloir à la fois réduire l’emploi public, diminuer le budget de l’Etat, continuer à baisser les impôts. Cela veut-il dire diminuer le nombre des fonctionnaires, réduire les moyens des administrations, aggraver les déficits publics alors qu’ils ont déjà dépassé la limite autorisée par l’Union européenne ?

S’agissant justement des déficits, comment comptez-vous les réduire, c’est-à-dire respecter des engagements pris par la France à l’égard de l’Europe, sans toucher aux budgets des ministères de l’emploi, de l’éducation nationale ou du logement ?

Expliquez-nous, monsieur le Premier ministre, comment vous allez à la fois baisser la TVA sur la restauration et les cotisations sociales, conformément aux engagements que vous avez pris devant les Français ?

Expliquez-nous comment vous allez pouvoir réduire le déficit de la sécurité sociale sans augmenter la CSG ?

Expliquez-nous comment vous allez parvenir à soutenir la consommation alors que le pouvoir d’achat des ménages est en chute libre ? C’est d’ailleurs la première fois depuis cinq ans qu’il est aussi bas.

Puisqu’il faut avoir, selon une expression que vous utilisez souvent, monsieur le Premier ministre, le courage de dire la vérité aux Français, comment comptez-vous concrètement faire ce que vous dites ?  »

La réponse du ministre des Finances Francis Mer

Madame la députée, il est faux de dire que le pouvoir d’achat des Français a baissé. En effet, il a augmenté l’an dernier de 3,2% et, selon l’INSEE, il devrait progresser de 1,3% au cours du premier trimestre de cette année. Cela dit, il est exact que nous traversons une phase conjoncturelle difficile. Mais nous ne sommes pas les seuls : le monde entier est dans cette situation. Il est non moins exact, madame la députée, que nous conduisons une politique, et que celle-ci se jugera non à l’aune des résultats des prochains mois, mais à celle des résultats des prochaines années !

Cette politique consiste effectivement à maîtriser les dépenses, à réduire les déficits et à renforcer la croissance. En renforçant la croissance et en maîtrisant les dépenses, nous pourrons, mathématiquement, réduire les déficits, et, par conséquent, honorer nos engagements vis-à-vis de Bruxelles. Ces engagements, nous les tiendrons, car ce sont des engagements de responsabilité envers le futur.

Cette responsabilité, nous l’assumerons, ministère par ministère, en conduisant une politique qui respecte les engagements des lois de programmation et qui crée les conditions permettant de dépenser mieux en dépensant moins et de diminuer les frais de fonctionnement.

Nous le ferons dans la durée ! Et vous constaterez, année après année, les résultats de cette politique.