09/16/2014

Conférence de presse de rentrée à l’Assemblée nationale

conf presse 2014-09-16Le vote de confiance

1/ Ce vote de confiance sera la meilleure des réponses à tous ceux qui mettent en cause notre légitimité à gouverner le pays. La France est confrontée à d’immenses défis intérieurs et extérieurs et nous n’avons plus le temps de nous perdre dans des querelles stériles. Défis extérieurs avec la nécessité de vaincre la menace djihadiste, d’obtenir une paix durable en Ukraine et de réussir la réorientation de l’Europe. Défis intérieurs avec l’urgence de vaincre la crise en allant au bout du redressement et des réformes dont nous avons besoin. C’est dans ces moments-là que se mesure le caractère d’un pays. Dans sa capacité à se serrer les coudes, à dépasser ses affrontements partisans, à s’élever à la hauteur des enjeux qui sont devant nous.

2/ C’est tout le sens du discours de politique générale que tiendra le Premier ministre cet après-midi: provoquer le sursaut du pays, retrouver la fierté de ce que nous sommes, en finir avec ce French Basching, avec cet autodénigrement qui n’est rien d’autre qu’une forme de capitulation et de détestation de soi. La France n’est pas malade. Elle n’a pas besoin d’un sauveur de pacotille ou de Jeanne d’Arc autoproclamées. Son avenir viendra de l’esprit d’équipe, de cette volonté commune de changer, de moderniser tout ce qui doit l’être. Face à l’abaissement, il faut une grande politique.

3/ Cette grande politique, c’est celle que le Premier ministre défendra cet après-midi. Il gardera ce cap que nous traçons depuis deux ans et demi. Réformer ce qui ne marche plus, consolider ce qui va bien et construire ce qui fera demain. D’ici la fin de l’année, nous aurons redessiner la carte de France, lancé le programme de transition énergétique, accéléré la baisse des impôts pour les ménages et les entreprises, mis en place le plan de lutte contre la pauvreté, développé le programme national de santé, voté la loi qui adapte la société au vieillissement…Et plus le quinquennat avancera, plus les changements seront importants pour la vie des Français.

Il faut donc refuser le renoncement, faire bloc dans l’effort, ce message vaut pour le pays comme pour la majorité. Chaque fois que la gauche fait corps avec le pays, chaque fois qu’elle lui montre l’exemple de la solidarité, la France réussit.

Les dossiers d’actualité

L’augmentation des petites retraites

Le coup de pouce aux petites retraites est nécessaire. Dès lors que l’inflation est très basse, l’indexation que nous avions votée initialement n’avait plus l’effet redistributif attendu et il fallait prendre une mesure compensatoire. Comme notre président Bruno Le Roux l’a rappelé hier, nous demandons que cette mesure compensatoire concerne les petites pensions jusqu’à 1200 euros comme cela était prévu. Le Premier ministre nous a entendu. C’est un acte de justice qui traduit la volonté du gouvernement de soutenir le pouvoir d’achat des ménages comme il soutient la compétitivité des entreprises et qui se prolongera dans la loi de finances par de nouvelles baisses d’impôts en faveur des classes populaires et des classes moyennes.

Les propositions du Medef

M. Gattaz, c’est le commandant du Titanic. Chaque fois qu’il y a un iceberg à heurter, il rentre dedans. C’est une attitude irresponsable. Depuis deux ans les Français consentent le plus grand effort pour leurs entreprises, et son seul remerciement c’est de leur proposer de jeter par-dessus bord tout ce qui les protège : la durée légale du travail, le salaire minimum, les jours fériés. Aucune des propositions de M. Gattaz ne verra le jour sous notre mandature. Et puisque M. Gattaz aime les équations, qu’il nous dise combien de création d’emplois avec 40 Md€ ? Nous attendons toujours les contreparties.

L’intervention en Irak

1/ La France a été la première à prendre conscience du danger de prolifération de ce cancer djihadiste. C’est elle qui a stoppé sa progression en Afrique grâce à l’intervention au Mali et en Centrafrique. C’est elle qui a mobilisé tous ses efforts pour que la communauté internationale ne reste pas sans réaction face à la guerre civile en Syrie et à son extension en Irak. C’est encore elle qui a porté secours aux Chrétiens d’Orient et livré des armes aux combattants kurdes et irakiens pour qu’ils puissent se défendre face à l’avancée djihadiste. L’application de la politique du Président de la République c’est protéger les populations martyrisées ; défendre le droit international ; combattre toutes les formes de terrorisme qui affectent la paix et la sécurité.

L’organisation aujourd’hui à Paris de la conférence sur l’Irak et la décision du président de la République d’engager un appui aérien s’inscrivent dans cette stratégie d’éradication de la menace terroriste. Et le groupe socialiste en est pleinement solidaire.

3/ A ceux qui nous accusent d’avoir oublié le veto de la France à l’expédition irakienne de M. Bush en 2002, je réponds qu’ils se trompent de guerre et d’adversaire. Notre participation à la coalition internationale aujourd’hui a les mêmes raisons que notre refus de 2002 : le respect du droit et la sécurité du monde. 2002 était une guerre illégale contre un Etat souverain accusé mensongèrement de fautes qu’il n’avait pas commises. Aujourd’hui nous répondons à l’appel d’un gouvernement démocratiquement élu qui fait face à un ennemi totalitaire et sanguinaire. En 2002, la coalition n’avait pas de mandat international ; aujourd’hui c’est l’ONU qui appelle à l’intervention.
En 2002, nous dénoncions le déchirement de toute une région jetée dans le chaos et le terrorisme. Aujourd’hui nous réparons les dégâts et œuvrons à la stabilisation du Moyen-Orient.